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Etat d'urgence en pédiatrie

1 mars 2007 à 15:47

Comment soulager les urgences pédiatriques tout en répondant aux besoins des parents ?

Intervention Le 13 mars 2007 à 11:16

Merci à chacun et chacune pour toutes ces réactions ...souvent contrastées , mais surtout constructives.
Temps Présent s'est penché (comme bien souvent) sur un problème de société pertinent. Ils ont voulu en savoir plus. TP a construit une émission interessante.Les professionels de santé de l'HEL ont été (à juste titre!) valorisés dans leur travail quotidien. Les réactions du forum, des personnes "en direct", des amis, des amis d'amis, des téléspectateurs en général nous aideront très certainement à "faire mieux" dans les semaines à venir.
La solution n'est bien évidemement ni simple et ni unique. Des changements,des améliorations sont en cours à l'HEL; il y en aura également à la Centrale d'appel téléphonique et plus généralement au niveau de l'organisation de notre système de santé.
Après quelques minutes d'émission, chacun comprend que la problématique bascule vers notre société ... Et là, c'est un autre problèmequi se pose!

Intervention Le 9 mars 2007 à 0:14

Mais oui elle était bien cette émission! Juste que je pense qu'il y a erreur dans le sens donnée à ce reportage. Il aurait mieux fais d'effectuer un reportage uniquement sur l'Hel sans parler de ces soucis de surcharge au quotidien ou alors prendre le taureau par les cornes et parler sans langue de bois en disant la vérité et donnant les solutions pour aider à décharger l'Hel de tous ces cas bénins qui n'ont mais vraiment rien à faire là-bas....!Abe salut

Intervention Le 8 mars 2007 à 21:31

moi étant aller dans cet hopital je le connais(comme enfant) il est bien bravo a tous je suis constrerné sur les paroles des adultes
mon dieu

le reportage étais génial

Intervention Le 5 mars 2007 à 0:45

Bonjour,

Etant moi même dans le domaine médical il est clair que je suis outrée par certaines situations vues dans le reportage.

J'ai dû par deux fois me rendre en urgence à l'HEL car notre fils était malade. Par deux fois j'ai dû m'y rendre de nuit avec mon époux et chaque fois nous nous sommes posés cette question:

Etions nous sûr de ne pas y aller pour rien et surtout de ne pas déranger les médecins.

Notre fils a une maman infirmière et un papa ambulancier, je vous promets que dans ce contexte nous regardons à deux fois avant d'aller consulter car nous ne voulons pas faire partie de la "bobologie" et il n'est pas facile pour nous car avec notre enfant nous ne pouvons pas "être" des professionnels de la santé pour lui. Nous redevenons de simple parent bourré d'inquiètude et d'incertitude.

Je pense que souvent nous attendons trop longtemps avant d'aller consulter en principe chez notre pédiatre et quand cela nous arrive de nuit à l'hôpital de l'enfance. En tout cas dans les deux cas où nous sommes venus consulter de nuit nous avons été pris en charge correctement et nous avons été considéré comme des parents et non des professionnels de la santé à qui nous pouvons parler un language médical.

Merci au Dr Gheri et je suis certaine que des solutions vont se trouver afin de satisfaire tout le monde.

Mais une chose est sûr il devrait avoir une solution pour éviter ce que moi j'appelle des " parents médico-touristes" qui connaissent les assistants et autres médecins de venir polluer les urgences pour rien. Ces personnes ont besoin de revoir leur éducation et surtout ce que veut fondamentalement dire URGENCES.

Intervention Le 4 mars 2007 à 23:18

Merci à Temps présent pour ce reportage.
Pour avoir travaillé à plusieurs reprises comme médecin à l'Hôpital de l'Enfance, je tiens tout de même à préciser deux points:
Tout d'abord, concernant les remarques lues dans ce forum sur les étrangers: le reportage montre une majorité d'enfants et de parents étrangers et cela entraîne des remarques et des conclusions totalement fausses. La majorité des patients consultant aux urgences n'est pas des sans-papiers étrangers ou des étrangers sans pédiatre! Les parents suisses ayant un pédiatre consultent tout autant (n'ayant pas pu l'atteindre, refusant d'attendre un rendez-vous 24 heures plus tard ou n'ayant tout simplement pas essayé de lui téléphoner). Et ces mêmes parents suisses sont parfois bien plus critiques et exigeants, voire même aggressifs envers le personnel soignant.
Ensuite, concernant la proposition de refuser les patients consultant pour des "bobos": nous ne pouvons pas refuser de voir un patient, même si la consultation nous paraît injustifiée et qu'elle entraînera des délais inutiles pour les autres enfants. Le tri permet en revanche de faire passer avant les enfants ayant des problèmes plus graves.
Enfin, merci infiniment à tous les parents de leurs mots d'encouragement!

Intervention Le 4 mars 2007 à 15:56

Des parents qui amènent leur enfant aux urgences pour un petit rhum ou 38 de fièvre depuis 1 ou deux jours. Des parents qui amènent leur enfant après un cours de danse...

Pourquoi ne pas faire payer aux parents de leur poche les consultations en bobologie et qu'elles ne soient pas remboursées par l'assurance si ce n'est pas une vraie urgence ?

Intervention Le 4 mars 2007 à 14:02

@samba
Je pense que la réponse possible à cette problématique passe par un engagement et une modification des comportements de tous les acteurs impliqués (hôpital, pédiatres installés, parents, employeurs, etc.).

J'ai été frappée de voir à quel point les médecins étaient tolérants envers les parents, peut-être que parfois on peut (diplomatiquement) dire aux gens qu'ils sont à la mauvaise place, et que tout petit problème de santé n'a pas besoin d'une prise en charge médicale pour se résoudre.

Il y a probablement effectivement une tendance, accentuée par notre société consumériste, à se dire, "j'ai un problème, je consomme". Certains parents manquent de connaissances et de "culture sanitaire" par rapport aux problèmes de santé de leurs enfants. Mais je rappellerai, étant moi-même maman, que le métier de parent est un métier difficile, qui s'apprend progressivement, aussi en faisant des erreurs (y compris d'aller aux urgences "pour rien").

Je pense que la médecine a aussi une responsabilité là-dedans. En effet, quelle est l'image promue par les hôpitaux, les facultés de médecine, les firmes pharmaceutiques, les pharmacies et les médias? Qu'une médecine hyper-technique, innovative, etc. est à même de résoudre nos problèmes de santé, qu'il suffit d'acheter et de consommer pour aller mieux. Quelle place est donnée aux moyens simples comme l'observation, un ou deux Panadol, du miel avec du lait, le repos, faire confiance à l'organisme, etc. dans les messages concernant la santé?

Quel rôle pour les pédiatres et généralistes en pratique privée? Font-ils de l'éducation à la santé, afin d'augmenter les connaissances et les compétences des parents, quelles sont les réponses (ou non réponses du style "désolé une bonne partie est en vacances car c'est les vacances scolaires) qu'ils apportent aux situations nécessitant un conseil ou un rendez-vous non planifié. Quelle évolution au niveau de leurs heures d'ouverture? On parle de lever la liberté de contracter par les assurances maladies (à laquelle je suis opposée par ailleurs) mais pourrait-on demander aux praticiens privé d'adapter en partie leur horaire d'ouverture aux horaires de la population, en particulier du fait que de plus en plus de femmes travaillent (elles constituent 44,6% de la population actives). Qui peut-on consulter à la fin d'une journée de travail? Les horaires uniquement de jour ne sont-ils pas un héritage de l'époque des "femmes au foyers"?

Quant aux personnes issues d'autres cultures, je crois qu'il est injuste de leur "jeter la pierre". N'oublions pas que nous, personnes issues des sociétés occidentales, nous avons appris dans notre enfance à utiliser le système de santé, à avoir un médecin traitant, etc. Par contre, les personnes issues d'autres cultures n'ont pas eu cet apprentissage, elles doivent donc le faire maintenant, et d'autant plus difficilement si elles sont mal intégrées et n'ont que peu accès à l'information. D'autre part, elles sont aussi confronté à un fossé entre le système de croyances et de connaissances sur la santé dans lequel elles ont grandi et la médecine occidentale. Donc "naviguer" là au milieu doit être particulièrement difficile pour ces personnes.

Enfin, quel responsabilité pour nos autorités, en matière de planification de santé publique, au niveau de l'éducation à la santé et le soutien aux parents, de la concertation entre les différents acteurs, etc. Je crois que nous voyons ici un résultat de notre système de santé (bon par ailleurs), basé sur la consultation médicale en individuel, sur la prise en charge des gens par la médecine, un par un, la réponse par des soins remboursés par la Lamal à des problèmes de santé, plutôt qu'une planification basée sur l'approche des groupes, l'éducation à la santé, la pratique concertée en réseau et des pratiques inovantes (par exemple quelle place pour l'éducation à la santé en cabinet médical?).

Mais à l'évidence, le fait que l'assurance maladie prend en charge le premier mode de fonctionnenent (le traitement de malades en individuel) et non le second (l'action collective de santé publique) est un frein majeur, mais pas seulement. Il faut un réel changement de mentalité et je crois que la santé des enfants est un terrain propice à cela





merci pour votre post tres pertinent et tres bonne analyse globale des principaux problemes.

Intervention Le 4 mars 2007 à 13:04

Je pense que la réponse possible à cette problématique passe par un engagement et une modification des comportements de tous les acteurs impliqués (hôpital, pédiatres installés, parents, employeurs, etc.).

J'ai été frappée de voir à quel point les médecins étaient tolérants envers les parents, peut-être que parfois on peut (diplomatiquement) dire aux gens qu'ils sont à la mauvaise place, et que tout petit problème de santé n'a pas besoin d'une prise en charge médicale pour se résoudre.

Il y a probablement effectivement une tendance, accentuée par notre société consumériste, à se dire, "j'ai un problème, je consomme". Certains parents manquent de connaissances et de "culture sanitaire" par rapport aux problèmes de santé de leurs enfants. Mais je rappellerai, étant moi-même maman, que le métier de parent est un métier difficile, qui s'apprend progressivement, aussi en faisant des erreurs (y compris d'aller aux urgences "pour rien").

Je pense que la médecine a aussi une responsabilité là-dedans. En effet, quelle est l'image promue par les hôpitaux, les facultés de médecine, les firmes pharmaceutiques, les pharmacies et les médias? Qu'une médecine hyper-technique, innovative, etc. est à même de résoudre nos problèmes de santé, qu'il suffit d'acheter et de consommer pour aller mieux. Quelle place est donnée aux moyens simples comme l'observation, un ou deux Panadol, du miel avec du lait, le repos, faire confiance à l'organisme, etc. dans les messages concernant la santé?

Quel rôle pour les pédiatres et généralistes en pratique privée? Font-ils de l'éducation à la santé, afin d'augmenter les connaissances et les compétences des parents, quelles sont les réponses (ou non réponses du style "désolé une bonne partie est en vacances car c'est les vacances scolaires) qu'ils apportent aux situations nécessitant un conseil ou un rendez-vous non planifié. Quelle évolution au niveau de leurs heures d'ouverture? On parle de lever la liberté de contracter par les assurances maladies (à laquelle je suis opposée par ailleurs) mais pourrait-on demander aux praticiens privé d'adapter en partie leur horaire d'ouverture aux horaires de la population, en particulier du fait que de plus en plus de femmes travaillent (elles constituent 44,6% de la population actives). Qui peut-on consulter à la fin d'une journée de travail? Les horaires uniquement de jour ne sont-ils pas un héritage de l'époque des "femmes au foyers"?

Quant aux personnes issues d'autres cultures, je crois qu'il est injuste de leur "jeter la pierre". N'oublions pas que nous, personnes issues des sociétés occidentales, nous avons appris dans notre enfance à utiliser le système de santé, à avoir un médecin traitant, etc. Par contre, les personnes issues d'autres cultures n'ont pas eu cet apprentissage, elles doivent donc le faire maintenant, et d'autant plus difficilement si elles sont mal intégrées et n'ont que peu accès à l'information. D'autre part, elles sont aussi confronté à un fossé entre le système de croyances et de connaissances sur la santé dans lequel elles ont grandi et la médecine occidentale. Donc "naviguer" là au milieu doit être particulièrement difficile pour ces personnes.

Enfin, quel responsabilité pour nos autorités, en matière de planification de santé publique, au niveau de l'éducation à la santé et le soutien aux parents, de la concertation entre les différents acteurs, etc. Je crois que nous voyons ici un résultat de notre système de santé (bon par ailleurs), basé sur la consultation médicale en individuel, sur la prise en charge des gens par la médecine, un par un, la réponse par des soins remboursés par la Lamal à des problèmes de santé, plutôt qu'une planification basée sur l'approche des groupes, l'éducation à la santé, la pratique concertée en réseau et des pratiques inovantes (par exemple quelle place pour l'éducation à la santé en cabinet médical?).

Mais à l'évidence, le fait que l'assurance maladie prend en charge le premier mode de fonctionnenent (le traitement de malades en individuel) et non le second (l'action collective de santé publique) est un frein majeur, mais pas seulement. Il faut un réel changement de mentalité et je crois que la santé des enfants est un terrain propice à cela

Intervention Le 3 mars 2007 à 12:04

Depuis le 1er octobre 2006, il y a 2 secteurs distincts à l'HEL: un lieu pour les urgences et un lieu pour les rendez-vous; enfin.... Au moment du tournage (novembre), c'était donc le tout début...Mais cette organisation nous a effectivement "changé la vie".
Par ailleurs, un grand espace de surveillance de 6 lits, directement adjacent aux urgence s'est ouvert le 1er janvier 2007; il permet une surveillance de quelques heures si utile en pédiatrie.
Reste encore l'organisation optimale du Tri. L'émission et les réactions nous comfortent dans certaines prises de décisions organisationelles pas toujours si simples, donc merci de votre réaction!

Intervention Le 3 mars 2007 à 11:57

Merci pour votre suggestion. Nous y songeons et en collaboration avec notre collègue de Genève (Prof. Alain Gervaix et Dresse Annick Galetto) qui ont édité chez Medecine et Hygiene un livre très simple, pragmatique et donc utile de conseils aux parents ("Allo Docteur...mon enfant est malade"). Il n'existe pour l'instant qu'en français.D'autres ouvrages existent sur le marché, mais souvent moins pertinents

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