@sambaJe pense que la réponse possible à cette problématique passe par un engagement et une modification des comportements de tous les acteurs impliqués (hôpital, pédiatres installés, parents, employeurs, etc.).
J'ai été frappée de voir à quel point les médecins étaient tolérants envers les parents, peut-être que parfois on peut (diplomatiquement) dire aux gens qu'ils sont à la mauvaise place, et que tout petit problème de santé n'a pas besoin d'une prise en charge médicale pour se résoudre.
Il y a probablement effectivement une tendance, accentuée par notre société consumériste, à se dire, "j'ai un problème, je consomme". Certains parents manquent de connaissances et de "culture sanitaire" par rapport aux problèmes de santé de leurs enfants. Mais je rappellerai, étant moi-même maman, que le métier de parent est un métier difficile, qui s'apprend progressivement, aussi en faisant des erreurs (y compris d'aller aux urgences "pour rien").
Je pense que la médecine a aussi une responsabilité là-dedans. En effet, quelle est l'image promue par les hôpitaux, les facultés de médecine, les firmes pharmaceutiques, les pharmacies et les médias? Qu'une médecine hyper-technique, innovative, etc. est à même de résoudre nos problèmes de santé, qu'il suffit d'acheter et de consommer pour aller mieux. Quelle place est donnée aux moyens simples comme l'observation, un ou deux Panadol, du miel avec du lait, le repos, faire confiance à l'organisme, etc. dans les messages concernant la santé?
Quel rôle pour les pédiatres et généralistes en pratique privée? Font-ils de l'éducation à la santé, afin d'augmenter les connaissances et les compétences des parents, quelles sont les réponses (ou non réponses du style "désolé une bonne partie est en vacances car c'est les vacances scolaires) qu'ils apportent aux situations nécessitant un conseil ou un rendez-vous non planifié. Quelle évolution au niveau de leurs heures d'ouverture? On parle de lever la liberté de contracter par les assurances maladies (à laquelle je suis opposée par ailleurs) mais pourrait-on demander aux praticiens privé d'adapter en partie leur horaire d'ouverture aux horaires de la population, en particulier du fait que de plus en plus de femmes travaillent (elles constituent 44,6% de la population actives). Qui peut-on consulter à la fin d'une journée de travail? Les horaires uniquement de jour ne sont-ils pas un héritage de l'époque des "femmes au foyers"?
Quant aux personnes issues d'autres cultures, je crois qu'il est injuste de leur "jeter la pierre". N'oublions pas que nous, personnes issues des sociétés occidentales, nous avons appris dans notre enfance à utiliser le système de santé, à avoir un médecin traitant, etc. Par contre, les personnes issues d'autres cultures n'ont pas eu cet apprentissage, elles doivent donc le faire maintenant, et d'autant plus difficilement si elles sont mal intégrées et n'ont que peu accès à l'information. D'autre part, elles sont aussi confronté à un fossé entre le système de croyances et de connaissances sur la santé dans lequel elles ont grandi et la médecine occidentale. Donc "naviguer" là au milieu doit être particulièrement difficile pour ces personnes.
Enfin, quel responsabilité pour nos autorités, en matière de planification de santé publique, au niveau de l'éducation à la santé et le soutien aux parents, de la concertation entre les différents acteurs, etc. Je crois que nous voyons ici un résultat de notre système de santé (bon par ailleurs), basé sur la consultation médicale en individuel, sur la prise en charge des gens par la médecine, un par un, la réponse par des soins remboursés par la Lamal à des problèmes de santé, plutôt qu'une planification basée sur l'approche des groupes, l'éducation à la santé, la pratique concertée en réseau et des pratiques inovantes (par exemple quelle place pour l'éducation à la santé en cabinet médical?).
Mais à l'évidence, le fait que l'assurance maladie prend en charge le premier mode de fonctionnenent (le traitement de malades en individuel) et non le second (l'action collective de santé publique) est un frein majeur, mais pas seulement. Il faut un réel changement de mentalité et je crois que la santé des enfants est un terrain propice à cela
merci pour votre post tres pertinent et tres bonne analyse globale des principaux problemes.