@laurence70C'est intéressant...
Ma fille a été victime de discrimination pendant bientôt 2 ans par son professeur. En effet, inconsciemment je l'espère, il a défini 2 groupes : les calmes et les extravertis. Ma fille s'est retrouvée dans le second. Il a encouragé les calmes à sortir de leur coquille (ce qui est très bien) et tourmenté les autres afin qu'ils s'"écrasent" littéralement. Elle était très douée avant et à force d'être découragée et montrée du doigt au quotidien, ses résultats ont baissé.
Au delà de l'expérience de la discrimination, cette expérience montre le pouvoir de l'enseignant et la dérive qui peut en découler... soit l'abus de pouvoir.
Ne mettons pas d'étiquette sur les gens et encore moins sur les enfants !!!
Bonjour,
Ce que laurence70 mentionne me paraît être extrêmement intéressant, car enfin le débat s'ouvre, comme souhaité d'ailleurs par d'autres membres de ce forum, sur les différentes formes de discriminations qui peuvent exister dans notre quotidien.
L'exemple est ici pris toujours dans une école mais il a le mérite de montrer la responsabilité du professeur dans le processus de discrimination. Si l'on reste dans une perspective pédagogique et éducative, soit principalement en nous arrêtons sur l'influence des pédagogues (parents, profs, toute personne en lien avec des enfants, principalement dans un groupe d'enfant) sur les jeunes enfants, nous pouvons constater toute l'influence qu'ils ont sur ces enfants et leurs pairs, en terme d'estime de soi et sur leur manière par la suite d'être capable (ou non) d'affronter la discrimination.
Ainsi ce qui ressort de cette prise de conscience est qu'il est nécessaire pour prévenir la situation malheureuse de votre fille, laurence70, ainsi que de soutenir les parents dans leur rôle de 1ers pédagogues de leurs enfants, de permettre d'acquérir certaines bases de communication non-violente aux premiers concernés par ces études qui démontrent qu'il est si facile de tomber dans la discrimination.
Quant aux enfants de nos classes, utiliser les jeux de rôles pour se mettre dans la peau des personnes discriminées (et des personnes discriminantes) ne serait-il pas tout aussi intéressant que la mise en place de ces expériences à la limite de l'éthique ou le professeur doit instaurer une nouvelle discrimination (n'y a-t-il pas en effet déjà assez de situations de discriminations dans nos écoles et nos sociétés ?!) et quelque part abuser des élèves à leur insu (même si c'est pour développer leur auto-critique) ?!
Pour ma part je crois qu'il ne faut pas minimiser ce fait que nous sommes tous discriminateurs par nature, et il s'agit de commencer par là et non, comme l'institutrice québecoise le voulait (bien sûr de manière innocente et pour le bien de ses élèves), vouloir éradiquer totalement cet instinct d'enfermer les personnes dans des catégories. Cela appartient à l'être humain, c'est sa manière de survivre, elle fait partie de sa nature quelque part et le nier ne me paraît pas le meilleur moyen de travailler à sa prise de conscience.
Tous nous sommes pris dans ce besoin de discriminer, y compris et surtout les acteurs sociaux qui devraient être les 1ers à être formés pour être de plus en plus conscient du risque (et de la facilité, à son propre insu le plus souvent) de discriminer telle personne dans un trait de caractère. Car ces derniers, du simple psychologue en passant par le pédopsychiatre ou le pédiatre de famille, sans compter les médiateurs scolaires et autres, sont encore plus suscptibles de mettre en place des discriminations entre les enfants (d'une même famille, ou d'un groupe social) du point du vue du fait qu'ils ont un statut sur lequel ils peuvent se reposer pour imposer leur vue normative. Et ce statut aura tendance à être d'autant plus respecté par les parents qui n'oseront pas aller à l'encontre de ce que dit l'expert dans le domaine (heureusement internet permet à tout un chacun de se renseigner et le rôle de l'expert social est en train de disparaître en faveur du rôle du médiateur, faisant place au partenariat)
Par ailleurs, ce genre d'expériences nous demande de nous interroger particulièrement sur l'autonomie de jugement des élèves. Et relance les question de l'intérêt de proposer dès le plus jeune âge aux élèves des cours de philosophie, expériences qui d'ailleurs sont monaie courante au Québec alors qu'en suisse nous n'en sommes qu'à de petits essais. Durant ces cours les enfants dès 4ans apprennent à réflechir par eux-mêmes, à se poser des questions sur ce qu'ils voient et à aller au-delà des affirmations qui peuvent être faites, serait-ce par un professeur représentant le savoir ou un psychologue avec une blouse blanche.