Forums

Comment devenir une bête politique

19 septembre 2007 à 13:47

La médiatisation et la personnalisation de la politique sont-elles en train de tuer le débat de fond?

Intervention Le 21 septembre 2007 à 12:37

Vous avez raison, il n'est peut-être pas inutile de connaître un peu mieux les personnes que nous élisons.
Mais pour moi le reportage de Temps Présent d'hier soir soulevait un enjeu plus fondamental: quel est le rôle des médias dans la carrière et plus précisément dans l'ascension des politiciens? Dans le quatre cas couverts hier soir, ce rôle est considérable. En soi, cela n'a rien de choquant et reflète l'importance croissante des médias dans le jeu politique. Le problème - comme vous dîtes - est la surmédiatisation de certaines personnes, qui conduit d'une part à laisser les autres de côté, et d'autre part à mettre trop de poids sur l'image, la forme, au détriment du fond (avez-vous entendu plus d'une minute l'un des quatre politiciens évoquer en enjeu de fond, hier soir?).
Par ailleurs, j'ai été frappé par l'absence de femmes parmi les "bêtes politiques" couvertes dans l'émission. Est-ce un hasard? Ou la médiatisation favorise-t-elle les hommes, qui seraient plus aptes à devenir des "bêtes politiques" que les femmes? La question mérite d'être posée.

Intervention Le 21 septembre 2007 à 12:26

Le début de votre question résume bien le dilemme: il y a 20 ans les débats étaient beaucoup plus courtois mais ne suscitaient guère l'intérêt; et le ronronnement de la politique suisse n'était, effectivement, pas non plus propice aux discussions de fond.

Le problème, me semble-t-il, est que l'on est passé d'un système très (trop?) consensuel à un système très (trop?) conflictuel. Dans les deux cas, il est difficile d'avoir un échange de fond.

J'abonde également dans votre sens concernant le rôle des médias: on ne peut certainement pas les rendre seuls responsables de la polarisation et de la politisation désormais extrêmes de la politique suisse, mais ils y ont clairement contribué, entre autres pour des raisons "d'audimat".

Plus généralement, nous assistons en Suisse à une forte "américanisation" de la campagne électorale, avec ce que cela comporte de bon et de mauvais.
Bon: plus grande politisation, redécouverte de l'importance de la politique.
Mauvais: personnalisation à outrance, campagne négative (c'est-à-dire contre les autres), débats simplificateurs portant avant tout sur la forme, l'image, et plus sur le fond.

Intervention Le 20 septembre 2007 à 21:49

Le débat de fond a-t-il vraiment jamais existé dans l'arène politico-médiatique suisse? Aussi loin que je me souvienne, même les débats télévisés beaucoup plus calmes (et paraît-il ennuyeux) des années 80 m'ont souvent paru très superficiels et je me souviens que mes parents s'énervaient beaucoup de cet état de fait. C'était presque à se demander pourquoi nous étions aussi fidèles à des émission comme Table Ouverte ou Tel Quel!

Ce qui me fait par contre bondir, c'est cette manière dont les médias ont de se dédouaner de la tournure qu'ont pris les discussions télévisées ces dernières années. Je n'aime pas du tout les méthodes de communication de l'UDC ni même sa propagande et encore moins ses idées, mais de là à rendre ce parti entièrement responsable de la transformation des débats en véritables pugilats verbaux, comme le fait Romaine Jean, je trouve cela drôlement gonflé, surtout de la part d'une représentante et actrice médiatique! Le fait est que les provocations primaires et choques de l'UDC ont trouvé chez les médias suisses un partenaire de choix, dans la mesure où ses méthodes fortement visuelles, simplifiées et bruyantes conviennent parfaitement à l'agenda médiatique qui consiste avant tout à dramatiser à outrance la moindre problématique sociale ou politique. Depuis plus de 15 ans maintenant les émissions de débat de toutes les chaînes suisses s'ingénient à réunir sur les mêmes plateaux des ténors aux grandes gueules et aux oppositions absolument irréconciables, histoire d'avoir de belles engueulades à servir aux spectateurs, plus ou moins en direct. Mais ça ne fait vraiment que depuis 7-8 ans que l'UDC est pratiquement constamment en campagne. Alors, je dirais plutôt que c'est ce dernier qui a utilisé l'obsession des médias pour le
rapprochement intellectuel avec le spectateur moyen au point de s'abaisser à lui servir des jeux du Cirque verbaux.

Les médias ont donc beau dénoncé l'UDC et ses modes de propagandes, il n'en reste pas moins qu'ils considèrent des politiciens comme Freysinger ou encore Blocher comme d'excellents clients et n'y renonceraient pour rien au monde, même si les deux devaient ne pas se faire réélire à leurs postes actuels. Pas plus d'ailleurs qu'ils ne pourraient se passer de gens comme Maudet, Maillard, Couchepin...Par contre, d'autres confrères tout aussi importants, tels que Merz ou Schmid, on ne les voit pas beaucoup! Et probablement pas uniquement qui sautent devant une caméra dès qu'ils en voient une!

Intervention Le 20 septembre 2007 à 21:43

Bonsoir,

A l'aube du 21ème siècle, la médiatisation des sujets est omniprésente, les gens s'informent par les moyens actuels, et je pense qu'il est sensiblement normal quel les personnalités politiques suisses en profitent.

[B]Voir les politiques dans leurs vies privées, doit avoir des limites, mais permet également au simple citoyen de connaitre peut être un peu mieux les personnes qu'ils élisent.[/B]

Aujourd'hui, internet, les journaux, la TV, ou la radio offrent une visibilité non négligeable à la classe politique, et pour quoi devoir s'en priver ? Cette médiatisation est un plus pour la personnalité politique, mais également pour le public.
[B]
La seule chose importante, est d'éviter de tomber dans la surmédiatisation, en confondant dangereusement médiatisation et "peoplisation".[/B]


Steve Jeanneret

Intervention Le 19 septembre 2007 à 13:47

La médiatisation et la personnalisation de la politique sont-elles en train de tuer le débat de fond?

Ce forum est en lecture seule, vous ne pouvez plus intervenir.