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Birmanie, la révolution par l'image - Temps Présent du 22 novembre 2007

21 novembre 2007 à 16:46

Claude Schauli, auteur du reportage et spécialiste de la Birmanie, répond à toutes vos questions.

Intervention Le 27 novembre 2007 à 15:57

Avec bcp de retard, je réponds aux deux dernières questions :

Tout d'abord, comment je vois l'avenir ?
- Il n'est pas impossible que de nouvelles manifestations d'envergure aient lieu l'année prochaine. 2008 marquera les 60 ans de l'indépendance birmane le 4 janvier; elle marquera les 20 ans des atrocités de 1988 (notamment le 8 août qui sera le jour du début des Jeux olympiques de Pékin!!!).

J'espère sincèrement que les pressions de la Chine et de certains pays de l'Asean obligeront la junte à changer de position afin d'une véritable amorce de réconciliation nationale commence au plus vite. Les rencontres entre le Ministre du travail et Aung San Suu Kyi ne permettent pas de dire aujourd'hui si la volonté de dialogue de la junte est sincère.
Idéalement, il faudrait un changement à la tête de la junte; qu'un militaire plus ouvert parvienne à écarter le Général Than Shwe. Il faut rêver, mais ce n'est pas complètement impossible.
Tout dépendra des pressions "underground" des Chinois et tout autant de la capacité du peuple birman à redescendre dans la rue. Ils en ont la volonté, mais pour l'instant les services secrets contrôlent tout.
Idéalement, il faudrait aussi que plein de touristes individuels se rendent en Birmanie, mais pas de tourisme de groupes (le 85 % de l'argent revient aux militaires).
Ce qui me rend plutôt optimiste à moyen terme, c'est de constater l'engagement de la jeunesse en Birmanie. En août et septembre, beaucoup de jeunes (étudiants, moines, militants) étaient de petits enfants en 1988.
Il y a donc une nouvelle génération qui veut un changement radical.
C'est un point essentiel.

Pour répondre à l'autre question concernant l'aide aux réfugiés :
Je crois qu'il ne faut pas confondre l'aide apportée aux réfugiés politiques karen, kareni, shan etc et l'aide qu'on pourrait imaginer en Birmanie centrale.
Les minorités ethniques qui vivent dans les camps ont fui leurs villages parce que l'armée birmane les a attaqués ... Ils ont fui pour éviter d'être violés, d'être tués. Ils vivent à la frontière où ils ont eux-même reconstruits leurs maisons en bambou. Ils reçoivent de la nourriture, un enseignement et des soins. Autrement, ils doivent se débrouiller et ne rêvent que d'une chose : rentrer chez eux le jour ou l'armée birmane ne voudra plus les anéantir.
Pour ce qui est de l'aide à l'intérieur de la Birmanie, c'est un problème très complexe. La junte contrôle tout; des ONG y travaillent malgré tout, mais ce n'est pas simple. Leur présence est essentielle.
Maintenant, il y a, comme vous le faites vous-même, des initiatives privées. Mais il est difficile d'envoyer par dizaines de milliers des jeunes à l'étranger.
L'idéal est que cette junte se réconcilie avec son peuple. Je vous rappelle que le parti d'Aung San Suu Kyi a remporté 82 % des sièges lors des élections de 1990 et que la junte n'a toujours pas accepté de lui céder le pouvoir. Espérons au moins que dans un court laps de temps, la junte et la Ligue nationale pour la démocratie vont réussir à s'entendre. Suu Kyi a besoin de l'armée (elle en est tout à fait consciente) et l'armée a besoin de son appui.

Intervention Le 24 novembre 2007 à 10:32

J'ai regardé votre émission avec intérêt mais je pense que l'on fait fausse route pour aider ce peuple. Ce dont il a besoin c'est d'une aide interne. Je m'explique aider les réfugiés est une chose naturelle mais ne fait pas avancer la situation des résidents du pays.

J'ai pris en charge depuis 3 ans les études des enfants de la femme birmane que j'ai épousée il y a 2 ans leur permettant ainsi de poursuivre jusqu'au cycle que l'on pourrait comparer ici à la maturité.

C'est là maintenant que les efforts de la communauté internationale devraient être plus efficaces : aider financièrement les plus aptes à poursuivre des études universitaires hors du pays. Sortir officiellement de Birmanie est relativement facile. A titre d'exemple l'ainée des enfants voudrait devenir infirmière mais il faut compter entre 10.000 et 25.000 CHF à Singapor pour ce faire. Malheureusement à mon stade (monteur électricien à Genève) mes limites financières sont atteintes.

Aider les jeunes dans leur éducation scolaire est pour moi le meilleur atout pour faire avancer ce pays vers la démocratie qui ne peux venir que de l'intérieur (à preuve le Portugal, l'Espagne l'allemagne de l'est et bien d'autre pays) et non de l'extérieur (à preuve l'Irak).

Si quelqu'un connaît une voie pour aider cette demoiselle à faire ses études d'infirmière ce serait une grande nouvelle pour elle et merci d'avance.

Intervention Le 22 novembre 2007 à 23:17

Comment voyez-vous se profiler la situation au Myanmar dans l'avenir?

Intervention Le 22 novembre 2007 à 23:13

@Claude-Schauli
Ce n'est pas simple; sans doute la peur fait partie de la culture en Birmanie. Mais plus concrètement, avec les services secrets, il n'est pas facile pour un Birman de l'étranger de prendre une position radicale. Comme vous le savez, il doit protéger sa famille restée à l'intérieur du pays


Malheureusement, je crois qu'on est né avec la peur de notre JUNTE militaire...MAIS je pense que c'est le moment de réveiller...on ne va pas attendre encore 20 ans. Non? Je comprends que leur famille est tjs en Birmanie, c'est vrai mais est-ce qui pense un peu avenir des jeunes?

Intervention Le 22 novembre 2007 à 23:06

@Claude-Schauli
Merci Sandar. Je crois qu'il faut surtout remercier les Birmans qui se battent dans votre pays, remercier la Fondation des Nobels d'avoir donné le Prix Nobel à ASSK.
Si nous. reporters, pouvons parler de votre pays, c'est grâce aux événements initiés par vos compatriotes.
J'avoue néanmoins que la passion des non-Birmans, dont je fais partie, est aussi importante. Nous ne sommes néanmoins que des intermédiaires.


Oui, je remercie la Fondation des Nobels et DVB et à vous!!! Je prie à Bouddha qui protège les moines, les étudiants, le peuple...

Intervention Le 22 novembre 2007 à 23:03

Ce n'est pas simple; sans doute la peur fait partie de la culture en Birmanie. Mais plus concrètement, avec les services secrets, il n'est pas facile pour un Birman de l'étranger de prendre une position radicale. Comme vous le savez, il doit protéger sa famille restée à l'intérieur du pays

Intervention Le 22 novembre 2007 à 22:57

C'est vrai que certains Birmans ont peur depuis l'enfance...même ceux qui sont à l'extérieur la Birmanie. C'est la junte qui leur fait tellement peur...Dès fois, je l'ai comprends mais dès fois non!! Je pense que chaque Birman a la réponsabilité de son pays origine...

Intervention Le 22 novembre 2007 à 22:50

Merci bcp pour votre réponse. Mais la Chine est entrain de continuer vendre les arms...Je sais qu'il faut se battre pour avoir la démocratie mais çà fait bientôt 20 ans...Qu'est-ce qui va encore passer dans les 20 prochaines années?

Intervention Le 22 novembre 2007 à 22:45

Merci Sandar. Je crois qu'il faut surtout remercier les Birmans qui se battent dans votre pays, remercier la Fondation des Nobels d'avoir donné le Prix Nobel à ASSK.
Si nous. reporters, pouvons parler de votre pays, c'est grâce aux événements initiés par vos compatriotes.
J'avoue néanmoins que la passion des non-Birmans, dont je fais partie, est aussi importante. Nous ne sommes néanmoins que des intermédiaires.

Intervention Le 22 novembre 2007 à 22:42

Même si les Birmans (et son grand voisin chinois) se veulent indifférents à la pression internationale, je crois que cette dernière est importante. Notamment pour montrer au peuple birman que nous ne sommes pas insensibles à leur souffrance.
Si cette révolution a failli réussir, c'est aussi parce que les leaders de l'opposition démocratique savent qu'ils sont soutenus par l'étranger. C'est essentiel pour eux.

Aujourd'hui, le jeu politique, diplomatique va échapper à nos pays; la Chine, l'Asean vont être bcp plus importants que nous Occidentaux. Nous avons néanmoins dit clairement à la communauté internationale que quelque chose devait changer. Les moines, les journalistes de DVB ont fait le reste. Leur engagement est essentiel et pourrait à mon avis changer bcp de choses dans les années à venir.

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