Intervention Le 27 novembre 2007 à 15:57
Avec bcp de retard, je réponds aux deux dernières questions :
Tout d'abord, comment je vois l'avenir ?
- Il n'est pas impossible que de nouvelles manifestations d'envergure aient lieu l'année prochaine. 2008 marquera les 60 ans de l'indépendance birmane le 4 janvier; elle marquera les 20 ans des atrocités de 1988 (notamment le 8 août qui sera le jour du début des Jeux olympiques de Pékin!!!).
J'espère sincèrement que les pressions de la Chine et de certains pays de l'Asean obligeront la junte à changer de position afin d'une véritable amorce de réconciliation nationale commence au plus vite. Les rencontres entre le Ministre du travail et Aung San Suu Kyi ne permettent pas de dire aujourd'hui si la volonté de dialogue de la junte est sincère.
Idéalement, il faudrait un changement à la tête de la junte; qu'un militaire plus ouvert parvienne à écarter le Général Than Shwe. Il faut rêver, mais ce n'est pas complètement impossible.
Tout dépendra des pressions "underground" des Chinois et tout autant de la capacité du peuple birman à redescendre dans la rue. Ils en ont la volonté, mais pour l'instant les services secrets contrôlent tout.
Idéalement, il faudrait aussi que plein de touristes individuels se rendent en Birmanie, mais pas de tourisme de groupes (le 85 % de l'argent revient aux militaires).
Ce qui me rend plutôt optimiste à moyen terme, c'est de constater l'engagement de la jeunesse en Birmanie. En août et septembre, beaucoup de jeunes (étudiants, moines, militants) étaient de petits enfants en 1988.
Il y a donc une nouvelle génération qui veut un changement radical.
C'est un point essentiel.
Pour répondre à l'autre question concernant l'aide aux réfugiés :
Je crois qu'il ne faut pas confondre l'aide apportée aux réfugiés politiques karen, kareni, shan etc et l'aide qu'on pourrait imaginer en Birmanie centrale.
Les minorités ethniques qui vivent dans les camps ont fui leurs villages parce que l'armée birmane les a attaqués ... Ils ont fui pour éviter d'être violés, d'être tués. Ils vivent à la frontière où ils ont eux-même reconstruits leurs maisons en bambou. Ils reçoivent de la nourriture, un enseignement et des soins. Autrement, ils doivent se débrouiller et ne rêvent que d'une chose : rentrer chez eux le jour ou l'armée birmane ne voudra plus les anéantir.
Pour ce qui est de l'aide à l'intérieur de la Birmanie, c'est un problème très complexe. La junte contrôle tout; des ONG y travaillent malgré tout, mais ce n'est pas simple. Leur présence est essentielle.
Maintenant, il y a, comme vous le faites vous-même, des initiatives privées. Mais il est difficile d'envoyer par dizaines de milliers des jeunes à l'étranger.
L'idéal est que cette junte se réconcilie avec son peuple. Je vous rappelle que le parti d'Aung San Suu Kyi a remporté 82 % des sièges lors des élections de 1990 et que la junte n'a toujours pas accepté de lui céder le pouvoir. Espérons au moins que dans un court laps de temps, la junte et la Ligue nationale pour la démocratie vont réussir à s'entendre. Suu Kyi a besoin de l'armée (elle en est tout à fait consciente) et l'armée a besoin de son appui.
Tout d'abord, comment je vois l'avenir ?
- Il n'est pas impossible que de nouvelles manifestations d'envergure aient lieu l'année prochaine. 2008 marquera les 60 ans de l'indépendance birmane le 4 janvier; elle marquera les 20 ans des atrocités de 1988 (notamment le 8 août qui sera le jour du début des Jeux olympiques de Pékin!!!).
J'espère sincèrement que les pressions de la Chine et de certains pays de l'Asean obligeront la junte à changer de position afin d'une véritable amorce de réconciliation nationale commence au plus vite. Les rencontres entre le Ministre du travail et Aung San Suu Kyi ne permettent pas de dire aujourd'hui si la volonté de dialogue de la junte est sincère.
Idéalement, il faudrait un changement à la tête de la junte; qu'un militaire plus ouvert parvienne à écarter le Général Than Shwe. Il faut rêver, mais ce n'est pas complètement impossible.
Tout dépendra des pressions "underground" des Chinois et tout autant de la capacité du peuple birman à redescendre dans la rue. Ils en ont la volonté, mais pour l'instant les services secrets contrôlent tout.
Idéalement, il faudrait aussi que plein de touristes individuels se rendent en Birmanie, mais pas de tourisme de groupes (le 85 % de l'argent revient aux militaires).
Ce qui me rend plutôt optimiste à moyen terme, c'est de constater l'engagement de la jeunesse en Birmanie. En août et septembre, beaucoup de jeunes (étudiants, moines, militants) étaient de petits enfants en 1988.
Il y a donc une nouvelle génération qui veut un changement radical.
C'est un point essentiel.
Pour répondre à l'autre question concernant l'aide aux réfugiés :
Je crois qu'il ne faut pas confondre l'aide apportée aux réfugiés politiques karen, kareni, shan etc et l'aide qu'on pourrait imaginer en Birmanie centrale.
Les minorités ethniques qui vivent dans les camps ont fui leurs villages parce que l'armée birmane les a attaqués ... Ils ont fui pour éviter d'être violés, d'être tués. Ils vivent à la frontière où ils ont eux-même reconstruits leurs maisons en bambou. Ils reçoivent de la nourriture, un enseignement et des soins. Autrement, ils doivent se débrouiller et ne rêvent que d'une chose : rentrer chez eux le jour ou l'armée birmane ne voudra plus les anéantir.
Pour ce qui est de l'aide à l'intérieur de la Birmanie, c'est un problème très complexe. La junte contrôle tout; des ONG y travaillent malgré tout, mais ce n'est pas simple. Leur présence est essentielle.
Maintenant, il y a, comme vous le faites vous-même, des initiatives privées. Mais il est difficile d'envoyer par dizaines de milliers des jeunes à l'étranger.
L'idéal est que cette junte se réconcilie avec son peuple. Je vous rappelle que le parti d'Aung San Suu Kyi a remporté 82 % des sièges lors des élections de 1990 et que la junte n'a toujours pas accepté de lui céder le pouvoir. Espérons au moins que dans un court laps de temps, la junte et la Ligue nationale pour la démocratie vont réussir à s'entendre. Suu Kyi a besoin de l'armée (elle en est tout à fait consciente) et l'armée a besoin de son appui.