Intervention Le 5 septembre 2007 à 22:17
@Malan
Tout à fait d'accord avec votre analyse. Pour ma part il faut rajouter l'ensemble du système éducatif publique (en tant que simple reflet de notre société) comme facteur explicatif et agravant de ce phénomène du QI roi (tiens, sur ce coup il déloge l'enfant roi).
La fin d'un tel système scolaire n'est pas l'éducation de l'enfant dans "sa globalité psycho-affective, dans sa relation aux parents", dans son intelligence sociale et cognitive, mais un être humain formé à acquérir de la matière dans différents domaines prédéfinis, pour être ensuite évalués là dessus, point. Pour cela il y a des moyennes, des comparaisons et donc de la compétition, des notes, et les enfants, sans tests de QI sont déjà étiquetés par leur paires et leurs enseignants (parfois même avant de les connaître ! ...). Normal, me direz-vous, la société fonctionne ainsi, autant les immerger dans le réel le plus tôt possible...
Ainsi je verrais l'utilisation restrictive du QI comme un simple effet de société.
Quant au bien qu'un tel test peu faire aux enfants ayant un développement cognitif plus rapide (refusons l'étiquette "surdoué" si chère au psys), et bien c'est triste de devoir se réduire à faire un test pour en constater l'évidence. Personnellement j'ai été diagnostiqué comme lent et en ai souffert jusqu'à ce que j'arrive à l'uni, pourtant je n'ai jamais eu besoin (mes parents non plus d'ailleurs... pour cela ils sont très vite informés...) qu'on me fasse des tests pour découvrir que l'on me mettait cette étiquette... Je rejoins donc dans cette analyse la question d'un parent dans le fil de discussion qui se demandait non sans raison pourquoi il fallait encore en plus un test pour venir corroborer une équipe d'enseignant ayant constaté un processus d'acquisition des connaissances plus rapide chez son enfant. Cela n'est que le reflet d'une société psychologisante où il semble que cette science soit considérée comme la science ultime à laquelle se référer, celle qui pourrait légitimer toute les décisions (la nouvelle loi pénale sur les mineurs d'ailleurs corrobre cette analyse: dès le 1er janvier de cette année, pour qu'un enfant puisse être extrait du milieu familial il faut désormais qu'une analyse psychiatrique ait été faite). Le résultat de cette psychologisation de nos comportements ne prolifaire par seulement chez les professionnels de l'enseignement mais dérape aussi chez les journalistes, semble-t-il, comme beaucoup l'on constaté dans cette émission, lorsque les parents d'enfants ayant un développement cognitif plus rapide sont diagnostiqués comme "narcissiques"...
[quote]Posté par Yaïr Kestin
Bonsoir,
Une fois de plus, votre émission véhicule l'idée que ce sont les parents narcissiques qui désirent absolument connaître le QI de leurs rejetons. Nous ne pouvons que rétorquer: parents, si vous avez le moindre doute, la moindre suspicion que votre enfant possède un QI supérieur à 130, faites-le tester, envoyez-le chez un psy et prenez garde à lui! Nous étions les parents de deux fils surdoués, l'aîné n'a jamais été testé, le cadet l'a été suite à sa demande de sauter une classe: il a obtenu un total de 142 de QI, à notre grande surprise. Surprise? Oui parce que son frère nous paraissait cent fois plus intelligent que lui. Au collège, en onzième et douzième degré, ce dernier a obtenu 5,7 sur 6, sans travailler. Il avait math, physique et latin en option, pratiquait de la percussion, de la guitare en autodidacte et de l'escrime. Finalement l'école l'a envoyé en extra-muros, une dispense d'un semestre, deux année de suite! C'était le début de la rupture: notre fils s'est suicidé en octobre 2006. Il avait reçu à notre insu une lettre de menace de la direction de son collège comme quoi il n'obtiendrait pas sa maturité s'il ne rendait son travail de maturité dans les trois jours. Pour des raisons mystérieuses, notre fils qui avait donc 5,7 de moyenne, qui s'ennuyait à l'école, qui n'a jamais rencontré le maître accompagnant du TM, a refusé de faire son travail de recherche. Par ailleurs, il n'a pas supporté sa situation d'échec.
Les enfants surdoués sont plus perfectionnistes, fragiles et perméables aux échecs. Tout cela, nous l'ignorions, car nous refusions l'étiquette de surdoué. A présent, il est trop tard: notre fils est mort! Nous ne pouvons que répéter: faites tester vos enfants, car l'intelligence exacerbée peut être source d'angoisses existentielles et de dépressions gravissimes.
Bien à vous, parents désespérés[/quote]
A vous lire le responsable du déroulement final de la vie de votre enfant serait le fait qu'il n'a pas pu être étiqueté comme enfant surdoué. Pour ma part à vous lire il semblerait d'avantage que ce soit le système scolaire dans son entier et les psychologues tout autour qui n'ont pas été à la hauteur de la tâche, puisque votre enfant s'ennuyait et n'a pas pu apprendre à gérer ses difficultés (la psychologie appellera cela ses "échecs"), faute de cadre approprié, lui permettant d?être lui-même. Il ne correspondait pas aux « normes », on l?a donc livré à lui-même. Tel semble être le lot de ceux qui n?entrent pas dans les étiquettes légitimées par le système.
@Claire-Meljac
Je sui certain que Mr. aura vécu ces événements avec sagesse, personnellement je n'aurai pas l'idée saugrenue de lui conseiller des psychologues pour gérer les conséquences d'une situation dont ces derniers sont les co-artisans (car quelque part, en légitimant un tel système, nous acceptons de tels risques et sommes tout autant responsables que les pédaogue et psychologues qui ont laissé cet enfant aller jusqu'à la mort)
[quote]Les enfants surdoués sont plus perfectionnistes, fragiles et perméables aux échecs. Tout cela, nous l'ignorions, car nous refusions l'étiquette de surdoué. A présent, il est trop tard: notre fils est mort! Nous ne pouvons que répéter: faites tester vos enfants, car l'intelligence exacerbée peut être source d'angoisses existentielles et de dépressions gravissimes.
Bien à vous, parents désespérés[/quote]
oui après tout ce sont des enfants qui doivent être pris pour ce qu'ils sont, ils sont comme tous les enfants, et ont ce besoin d'être accepté pour ce qu'ils sont. En cela vous avez totalement raison. Mais leur mettre une étiquette de surdoués ne les aidera pas. Au contraire. Sinon faisons une école pour les lents, pour les petits, pour les noirs, pour les émigrés, pour... Ce qu'il faut c'est une prise en charge à grandeur et chaleur humaine, permettant à toute personne, dans ses différences, de se développer à son rythme, sans la pression d'un système scolaire privilégiant la performance notée comme but ultime ou l'étiquetage des personnes à des fins de ségrégation.
En cela j'ose aiguiller d'avantage les parents et futurs parents vers des prises en charge éducatives et scolaires alternatives, comme les écoles de l'Education Nouvelle (steiner et co) qui fonctionnent au rythme de l'être humain et non à celui de la société de la perfection qui pousse à la psychologisation de tous les comportements au nom de la science. Les résultats sont tellement différent. A ce propos, le Québec, une fois de plus, a des années lumières d'avance, ces écoles dites alternatives (et, au passage, nées dans les esprits d'européens) sont déjà englobées au système scolaire officiel !
Ah... le Québec...
ps: Confucius aurait peut-être dit: "un sage est sans étiquette" ;-)
Tout à fait d'accord avec votre analyse. Pour ma part il faut rajouter l'ensemble du système éducatif publique (en tant que simple reflet de notre société) comme facteur explicatif et agravant de ce phénomène du QI roi (tiens, sur ce coup il déloge l'enfant roi).
La fin d'un tel système scolaire n'est pas l'éducation de l'enfant dans "sa globalité psycho-affective, dans sa relation aux parents", dans son intelligence sociale et cognitive, mais un être humain formé à acquérir de la matière dans différents domaines prédéfinis, pour être ensuite évalués là dessus, point. Pour cela il y a des moyennes, des comparaisons et donc de la compétition, des notes, et les enfants, sans tests de QI sont déjà étiquetés par leur paires et leurs enseignants (parfois même avant de les connaître ! ...). Normal, me direz-vous, la société fonctionne ainsi, autant les immerger dans le réel le plus tôt possible...
Ainsi je verrais l'utilisation restrictive du QI comme un simple effet de société.
Quant au bien qu'un tel test peu faire aux enfants ayant un développement cognitif plus rapide (refusons l'étiquette "surdoué" si chère au psys), et bien c'est triste de devoir se réduire à faire un test pour en constater l'évidence. Personnellement j'ai été diagnostiqué comme lent et en ai souffert jusqu'à ce que j'arrive à l'uni, pourtant je n'ai jamais eu besoin (mes parents non plus d'ailleurs... pour cela ils sont très vite informés...) qu'on me fasse des tests pour découvrir que l'on me mettait cette étiquette... Je rejoins donc dans cette analyse la question d'un parent dans le fil de discussion qui se demandait non sans raison pourquoi il fallait encore en plus un test pour venir corroborer une équipe d'enseignant ayant constaté un processus d'acquisition des connaissances plus rapide chez son enfant. Cela n'est que le reflet d'une société psychologisante où il semble que cette science soit considérée comme la science ultime à laquelle se référer, celle qui pourrait légitimer toute les décisions (la nouvelle loi pénale sur les mineurs d'ailleurs corrobre cette analyse: dès le 1er janvier de cette année, pour qu'un enfant puisse être extrait du milieu familial il faut désormais qu'une analyse psychiatrique ait été faite). Le résultat de cette psychologisation de nos comportements ne prolifaire par seulement chez les professionnels de l'enseignement mais dérape aussi chez les journalistes, semble-t-il, comme beaucoup l'on constaté dans cette émission, lorsque les parents d'enfants ayant un développement cognitif plus rapide sont diagnostiqués comme "narcissiques"...
[quote]Posté par Yaïr Kestin
Bonsoir,
Une fois de plus, votre émission véhicule l'idée que ce sont les parents narcissiques qui désirent absolument connaître le QI de leurs rejetons. Nous ne pouvons que rétorquer: parents, si vous avez le moindre doute, la moindre suspicion que votre enfant possède un QI supérieur à 130, faites-le tester, envoyez-le chez un psy et prenez garde à lui! Nous étions les parents de deux fils surdoués, l'aîné n'a jamais été testé, le cadet l'a été suite à sa demande de sauter une classe: il a obtenu un total de 142 de QI, à notre grande surprise. Surprise? Oui parce que son frère nous paraissait cent fois plus intelligent que lui. Au collège, en onzième et douzième degré, ce dernier a obtenu 5,7 sur 6, sans travailler. Il avait math, physique et latin en option, pratiquait de la percussion, de la guitare en autodidacte et de l'escrime. Finalement l'école l'a envoyé en extra-muros, une dispense d'un semestre, deux année de suite! C'était le début de la rupture: notre fils s'est suicidé en octobre 2006. Il avait reçu à notre insu une lettre de menace de la direction de son collège comme quoi il n'obtiendrait pas sa maturité s'il ne rendait son travail de maturité dans les trois jours. Pour des raisons mystérieuses, notre fils qui avait donc 5,7 de moyenne, qui s'ennuyait à l'école, qui n'a jamais rencontré le maître accompagnant du TM, a refusé de faire son travail de recherche. Par ailleurs, il n'a pas supporté sa situation d'échec.
Les enfants surdoués sont plus perfectionnistes, fragiles et perméables aux échecs. Tout cela, nous l'ignorions, car nous refusions l'étiquette de surdoué. A présent, il est trop tard: notre fils est mort! Nous ne pouvons que répéter: faites tester vos enfants, car l'intelligence exacerbée peut être source d'angoisses existentielles et de dépressions gravissimes.
Bien à vous, parents désespérés[/quote]
A vous lire le responsable du déroulement final de la vie de votre enfant serait le fait qu'il n'a pas pu être étiqueté comme enfant surdoué. Pour ma part à vous lire il semblerait d'avantage que ce soit le système scolaire dans son entier et les psychologues tout autour qui n'ont pas été à la hauteur de la tâche, puisque votre enfant s'ennuyait et n'a pas pu apprendre à gérer ses difficultés (la psychologie appellera cela ses "échecs"), faute de cadre approprié, lui permettant d?être lui-même. Il ne correspondait pas aux « normes », on l?a donc livré à lui-même. Tel semble être le lot de ceux qui n?entrent pas dans les étiquettes légitimées par le système.
@Claire-Meljac
Je sui certain que Mr. aura vécu ces événements avec sagesse, personnellement je n'aurai pas l'idée saugrenue de lui conseiller des psychologues pour gérer les conséquences d'une situation dont ces derniers sont les co-artisans (car quelque part, en légitimant un tel système, nous acceptons de tels risques et sommes tout autant responsables que les pédaogue et psychologues qui ont laissé cet enfant aller jusqu'à la mort)
[quote]Les enfants surdoués sont plus perfectionnistes, fragiles et perméables aux échecs. Tout cela, nous l'ignorions, car nous refusions l'étiquette de surdoué. A présent, il est trop tard: notre fils est mort! Nous ne pouvons que répéter: faites tester vos enfants, car l'intelligence exacerbée peut être source d'angoisses existentielles et de dépressions gravissimes.
Bien à vous, parents désespérés[/quote]
oui après tout ce sont des enfants qui doivent être pris pour ce qu'ils sont, ils sont comme tous les enfants, et ont ce besoin d'être accepté pour ce qu'ils sont. En cela vous avez totalement raison. Mais leur mettre une étiquette de surdoués ne les aidera pas. Au contraire. Sinon faisons une école pour les lents, pour les petits, pour les noirs, pour les émigrés, pour... Ce qu'il faut c'est une prise en charge à grandeur et chaleur humaine, permettant à toute personne, dans ses différences, de se développer à son rythme, sans la pression d'un système scolaire privilégiant la performance notée comme but ultime ou l'étiquetage des personnes à des fins de ségrégation.
En cela j'ose aiguiller d'avantage les parents et futurs parents vers des prises en charge éducatives et scolaires alternatives, comme les écoles de l'Education Nouvelle (steiner et co) qui fonctionnent au rythme de l'être humain et non à celui de la société de la perfection qui pousse à la psychologisation de tous les comportements au nom de la science. Les résultats sont tellement différent. A ce propos, le Québec, une fois de plus, a des années lumières d'avance, ces écoles dites alternatives (et, au passage, nées dans les esprits d'européens) sont déjà englobées au système scolaire officiel !
Ah... le Québec...
ps: Confucius aurait peut-être dit: "un sage est sans étiquette" ;-)