Mme Burri,
Si j'ai bien compris votre démarche, il s'agissait pour vous de comprendre le bien-fondé des armes à domicile étant donné que votre ami s'est suicidé par ce moyen. Lorsque l'on se pose cette question, la logique veut que l'on ne puisse tolérer qu'une arme soit présente dans un domicile. Si l'on regarde votre reportage, on voit un soucis d'objectivité par rapport à cette première interrogation. Au second degré, on perçoit par contre que vous y êtes opposée et dès lors, le débat n'est pas ou plus aussi neutre et votre démonstration va servir à argumenter en faveur de l'initiative qui nous sera prochainement soumise.
Objectivement, quel reportage auriez-vous effectué si votre ami avait choisi un autre moyen de parvenir à ses fins ? En auriez-vous même effectué un ou auriez-vous été plus fataliste ? Il est en effet relativement simple de se procurer une dose létale de médicaments, médicaments qui par ailleurs sont conçus à l'origine pour soigner et non tuer. Seriez-vous partie en croisade contre l'industrie pharmaceutique ? Plus difficile de s'en prendre à elle... ses moyens ne sont pas les mêmes que ceux des tireurs. Tireurs en ligne de mire des initiants, le but ultime étant le séquestre des armes. Sans doute séquestre également des armes de nos agents des forces de l'ordre car certains policiers, usés par un métier astreignant, confrontés à des délinquants armés qui se fichent bien des lois, utilisent également leur arme pour se suicider. Quel moyen restera-t-il à notre Etat pour se défendre ? Etat qui par ailleurs, au plus haut niveau politique, ne tient pas ses engagements, notamment avec la loi sur les armes, votée par le peuple pour lutter contre les abus et qui a encore été durcie l'an passé mais qui n'a rien empêché, aucun criminel n'ayant renoncé à ses desseins à cause d'elle. Par contre, tireurs, chasseurs, collectionneurs, scouts même, ne peuvent plus posséder un couteau qui s'ouvre d'une main, doivent débourser des centaines de francs en émoluments administratifs pour être ensuite fichés... Alors remettons le problème où il se trouve, dans une société vivant majoritairement en cités, en ville, privilégiant performances et réussites (UBS!) au détriment d'une qualité de vie et qui pousse au suicide le jeune de 16 ans, recalé à un examen, le cadre licencié, etc. Au lieu de pondre des lois et des interdictions, débloquons des moyens pour lutter contre le suicide et laissons les armes aux tireurs, chasseurs et collectionneurs responsables. Et surtout, n'oublions pas de nous mobiliser pour un NON ferme à cette initiative.
Dommage que votre reportage ait en outre été gâché par le présentateur qui donne l'impression de ne pas aimer l'armée, les armes et la police... Il aurait au moins pu être aussi neutre que vous avez tenté de l'être, par respect pour vous et votre travail.