Les saisonniers Le 19 novembre 2009 à 21:59
Je suis un enfant d'immigré arrivé d'Italie du Sud à l'âgé de 8 ans. Mon père a été saisonnier pendant 9 ans avant de trouver un logement décent pour ma mère, mes deux frères et ma sœur. Il n'a même pas eu la joie d'assister à ma naissance, car il travaillait dans la construction d'un barrage en Valais. A cause du statut de saisonnier, je ne voyait mon père que deux fois par année, pendant les vacances d'été et pendant l'hiver quand son patron le renvoyait chez lui, car il n'avait pas besoin de ses services. Mon père aurait bien voulu emmener toute sa famille en Suisse dès que possible, mais voilà, la Suisse ne voulait que des bras forts et pas d'enfants ! Il a toujours respecté la loi et il a attendu le bon moment pour emmener sa famille ici.
Arrivé en Suisse, une nouvelle vie a commencé pour moi. J'avais enfin un papa comme tous les autres. J'ai pu faire une scolarité normale dans la banlieue lausannoise, j'ai fait le gymnase et puis des études à la faculté des Lettres à Lausanne. Maintenant je suis professeur de langues dans un gymnase vaudois. Je me sens bien intégré dans ce pays que je considère le mien aussi.
Je raconte souvent mon expérience de vie à mes élèves pour qu'ils comprennent que c'est en grande partie aux étrangers aussi que notre pays est devenu riche. La plupart d'entre eux ignorent l'existence du statut de saisonnier dans notre passé.
Je trouve particulièrement louable le courage de ces enseignants qui ont bravé la loi pour sortir ces jeunes immigrés de l'illettrisme. Ils ont compris que l'intégration des jeunes immigrés passe avant tout par la scolarisation.
Bravo à Temps Présent de faire ce genre de reportage qui permet de mieux comprendre l'histoire de notre pays.
Arrivé en Suisse, une nouvelle vie a commencé pour moi. J'avais enfin un papa comme tous les autres. J'ai pu faire une scolarité normale dans la banlieue lausannoise, j'ai fait le gymnase et puis des études à la faculté des Lettres à Lausanne. Maintenant je suis professeur de langues dans un gymnase vaudois. Je me sens bien intégré dans ce pays que je considère le mien aussi.
Je raconte souvent mon expérience de vie à mes élèves pour qu'ils comprennent que c'est en grande partie aux étrangers aussi que notre pays est devenu riche. La plupart d'entre eux ignorent l'existence du statut de saisonnier dans notre passé.
Je trouve particulièrement louable le courage de ces enseignants qui ont bravé la loi pour sortir ces jeunes immigrés de l'illettrisme. Ils ont compris que l'intégration des jeunes immigrés passe avant tout par la scolarisation.
Bravo à Temps Présent de faire ce genre de reportage qui permet de mieux comprendre l'histoire de notre pays.