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Un joint de pressurisation explose!

Le 5 mars 2009 à 21:37 Répondre
C'était une année avant la crash du SR111.
Nous venions de décoller à minuit de Yaoundé dans un MD11 de Swissair.
Nous avions atteint l'altitude de croisière, les hôtesses commençaient à servir l'apéritif.
Soudain, une explosion et un bruit de suscion infernal.
Le commandant accourt et devient blême: Le joint de pressurisation d'une porte de secours, au milieu de la carlingue vient d'exploser. Les objets légers tels que gobelets en plastique, sont aspirés et passent à l'extérieur par la jointure de la porte.
Le pilote rejoint sa cabine, les masques à oxygène tombent, les lumières s'éteignent, sauf les ampoules guises des couloirs pour guider les passagers aux portes de secours.
Le pilote applique la procédure:
- Descente en-dessous de 2000m en piqué
- Largage du kerozene

Une forte odeur de carburant envahit l'habitacle, on pense au feu..
Les bonnes soeurs québécoises du rang de derrière prient, la jeune hôtesse est pétrifiée et laisse l'initiative à sa collègue plus expérimentée. Les passagers qui dont les sièges côtoient la porte se dirigent vers l'arrière de l'avion, qui est plein. L'hôtesse à toutes les peines du monde à les faire revenir à leurs places.
L'avion vibre terriblement lors du piqué, les masques à oxygène sont en partie défectueux..
Je tente de trouver mon sac que j'avais à mes pieds, pour prendre ma caméra. Celui-ci a glissé 3 rangs devant à cause du piqué.
Mon voisin de siège est blême. Je tente de le rassurer, car j'avais appris que la procédure en cas de perte de pressurisation est de descendre au plus vite en-dessous de 2000 m.
Soudain, après 4 à5 (?) minutes de piqué, l'avion arrondit et le calme revient dans l'avion, mais la porte vibre de plus en plus.
Nous avons atterri à nouveau à Yaoundé. Un petit camion de pompier est arrivé, avec un type assis sur le pont avec une lance à incendie. Dérisoire!

Le lendemain, Swissair à envoyé un autre MD11 pour nous rapatrier. Un tiers des passagers a refusé d'embarquer en voyant que c'était le même type d'avion.

Une année après, un MD11 s'abimait à Halifax..


Votre reportage a réveillé en moi le souvenir de ces longues minutes de descente où l'on espère que le pilote est à la hauteur, que la mécanique va tenir et où l'on pense aux siens.
5 réponses
Le 5 mars 2009 à 21:43 Répondre
Mon dieu quelle histoire...Oui on prie que le pilote puisse être à la hauteur. Il y a aussi des questions d'argent malheureusement. J'avais une copine hôtesse de l'air qui a cessé son activité car elle disait que beaucoup trop de contrôles techniques ne sont pas effectués à cause des coûts... Cela est également bien dérisoire ...des considérations financières face à la vie humaine !
Le 6 mars 2009 à 2:20 Répondre
Oui, des situations dramatiques ça existe, mais fort heureusement rarement.
Par contre, la plus part des récits de passagers sont fantaisistes et racontés avec exagération et pleins de suspens, comme au cinéma.
Je suis toujours émerveillé des catastrophes évitées de justesse que mes connaissances ont vécu.
J'ai exercé pendant plus de 30 ans le fabuleux métier de Flight attendant, j'ai 20.000 heures de vol derrière moi sur plus de dix types d'avions, et je peux compter sur une seule main mes expériences critiques de problèmes techniques ou atmosphériques.
Il fut bien rare les moments ou je pense avoir vu la mort de près.
Ce que je ne peux pas dire concernant mes 43 années au volant de ma voiture.
Dans tout les cas, je peux vous assurer que je n'ai jamais constaté que mon commandant de bord accepte chez Swissair / Balair / Swiss de voler sur un avion déficient.
J'ai encore plus rarement vu un commandant « blême » sortir du poste de pilotage pendant un problème technique, surtout pas pour une situation de dépressurisation dont les pilotes et Flight attendants subissent régulièrement chaque année un sévère entrainement ceci parmi d'autres situations.
Cette tâche revient soit au co-pilote ou le cas échéant au Maître de Cabine qui fera personnellement le rapport de la situation au commandant.
A noter que toutes les portes du MD-11 (excepté portes cargo) s'ouvrent à l'intérieur, puis glisse sur la partie supérieure de la carlingue, donc aucun danger que la porte s'envole... (pour les autres récits)
Effectivement, des joints défectueux ça arrive, et cela fait beaucoup de bruit, parfois il suffit d'un petit objet coincé sous la porte et le joint ne fait plus ventouse.
Êtes-vous sûr que les masques furent défectueux ? à noter que lorsque les masques sont présenté, il y a une annonce pré-enregistrée et l'éclairage de cabine est automatiquement au maximum.
Pour ma part j'ai un compte rendu de cet incident bien différent, et Swissair a envoyé un autre MD11 car il n'y avait pas cette pièce de rechange à Yaoundé et souhaitait rapatrier au plus vite ses passagers, service oblige...
G.Borel ex Maître de Cabine

Le 6 mars 2009 à 9:31 Répondre
Il s'agissait bien de la porte cargo. Je suis resté pour voir les dégâts après l'atterrissage. La glissière de la porte était fortement déformée par les rouleaux qui ont agis comme des marteaux lors des fortes vibrations. Le moteur électrique ne pouvait plus faire fonctionner l'ouverture de celle-ci. Elle a été ouverte à l'aide d'un crick.
Vous mettez en doute mon récit. Pourtant, c'est la vérité:
- Le commandant est bien venu en cabine pour constater les dégâts et est reparti au pas de course dans la cabine.
- Quelques masques étaient bien défectueux au niveau de raccord entre le masque et le tuyau..Peut-être est-ce dû à une trop forte traction opérée par des passagers stressés.
- Vous dites que Swissair a envoyé un autre MD11 le lendemain, c'est exact. Par contre, je n'ai pas été impressionné par la prise en charge après l'incident par le personnel suisse de Yaoundé! Pas plus par la direction de Swissair qui n'a jamais répondu à mon courrier, malgré mon statut de "Frequent flyer".
- Mon voisin, mécano Swissair, a consulté le rapport d'incident. Celui-ci a été classé comme "très sérieux".

Je comprends votre attachement à feu Swissair, mais croyez-moi, je n'exagère pas.

J.-F. L'haire ingénieur, ancien des troupes d'aviation.
Le 6 mars 2009 à 13:26 Répondre
Oui, il est vrai, je suis encore très attaché à mon (mes) ex employeurs, et depuis le sud du Brésil où je passe paisiblement ma retraite depuis bientôt 6 ans, l'aviation, ma carrière de Flight attendant et mes passagers me manque beaucoup.
J'admets fort bien et je comprends que vivre une situation irrégulière enfermé dans un environnement restreint où il est impossible de s'évader et en plus, mettre sa vie entre les mains de personnes inconnues et dont on ignore les capacités peut être très angoissant.
Ceci dit, j'ai parfois de la peine à lire ou entendre les descriptions de certains récits « catastrophes » par les médias et particuliers.
Pour en revenir à votre expérience, ce fut donc l'une des portes cargo qui fut endommagée, donc il est possible de voir les dégâts seulement depuis le tarmac après l'atterrissage. Ces portes s'ouvrent effectivement vers l'extérieur et ce trouve à l'avant et arrière de l'avion sous le plancher du pont principal. (certaines compagnies ont fait de cruelles expériences, notamment Turkish Airlines en 1974).
J'ai de la peine à comprendre comment des passagers peuvent côtoyer cette porte, comment des gobelets en plastique furent aspirés à l'extérieur, et que vient faire le commandant dans la cabine passagers pendant des moments critiques vu qu'il y a rien à voir ? En plus, ceci est contraire au règlement.
Généralement lors d'un incident, une carte de contact est remise à chaque passager pendant ou après le vol, ainsi la compagnie envoie commentaires et excuses sur l'incident. Ceci est (fut) valable également chez de nombreuses autres compagnies.
Ceci dit, le MD-11 fut l'un des meilleurs types d'avion sur lequel j'ai eu la chance de travailler.
Je vous souhaite encore de nombreux vols sans encombre et profiter chaque jour de la vie, elle est tellement courte.
PS : Je fus également dans les troupes d'aviation EM aérod 1
Que de bons souvenirs ! G.-B.
Le 16 avril 2009 à 2:38 Répondre
Pour info, une perte de pressurisation exige une descente vers 3000m et non 2000m comme écrit incorrectement ci-dessus.
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