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Retour au forum Un pedigree à tout prix

Pas tout à fait d'accord

Le 5 novembre 2009 à 22:14 Répondre
Sans revenir sur le fond du reportage, qui présente des situations révoltantes, je m'interroge sur un certain nombre de partis-pris de ce reportage, qui me dérangent beaucoup. J'y retrouve un discours de militant, pas de journaliste. Quelques exemples:

1. Le procès: ce reportage n'est qu'à charge. A aucun moment n'est abordé le travail centenaire des éleveurs pour maintenir et sauver certaines races. Les Saint-Bernard existeraient-ils toujours sans le travail des éleveurs pour maintenir la race?

2. La lapidation: dans ce reportage, on tempête haut et fort contre les chiens à pedigree, en généralisant sur tous les plans. Si on résume l'argumentation développée on arrive à ceci: chiens à pedigree = chiens consanguins = chiens malades, le tout par la faute des éleveurs. Je me permets de nuancer. On oppose en général un chien à pedigree à un chien "sans papier". Or, le pedigree est justement ce qui permet de remonter l'arbre généalogique du chien (et donc dans certains cas de mettre en évidence une certaine consanguinité). Ces pedigree sont officiels et contrôlés. Evidemment, dans ce cas, l'amalgame pedigree=consanguinité quand un journaliste fait mal son boulot est facile. Dans le cas d'un chien sans papier, donc sans pedigree certifié, il est impossible d'être certain de ses ascendants. Dans ce cas, la consanguinité n'existe pas... puisqu'elle est impossible à déceler. Il est donc bien plus facile de traiter de la consanguinité chez les chiens à pedigree que chez les chiens sans papiers (qu'ils soient bâtards ou "pure race"). Merci le travail de journalisme...

3. Le soupçon: je me demande pourquoi la TSR nous diffuse un reportage anglais, ne traitant que de chiens anglais, au lieu de se mettre au travail et de réaliser une enquête en Suisse, avec la rigueur à laquelle Temps Présent nous a habitué. Diffuser ce reportage, sans aucun commentaire derrière est très léger de la part de la TSR. Je me demande, par exemple, sachant que l'Angleterre est une île, dans laquelle l'importation de chiens étrangers est très difficile (pour éviter l'importation de la rage, semble-t-il), limite rédhibitoire quand on est un éleveur, quel facteur cela a justement sur la consanguinité. Dans notre pays, où l'importation de chiens est aisée pour les éleveurs, cela doit permettre un meilleur brassage génétique.

4. Le doute: l'élevage n'est pas une science exacte. Elle tend bien à produire des chiens qui cadrent avec le standard de la race (qui n'est pas rédigé en vue d'obtenir des mutants tous droit sorti d'un film d'horreur, comme semble nous le faire croire ce reportage, mais de définir les principales caractéristiques de la race). Le problème vient de l'interprétation que certains clubs de race peuvent faire de ce standard, interprétation qui est parfois à des kilomètres du standard. Il serait révoltant qu'un chien qui ne corresponde pas au standard soit euthanasié! Il fera le bonheur d'une famille, qui cherche un compagnon, et pas un reproducteur! Les standards n'ont pas pour but d'éliminer les chiens qui n'entrent pas dedans, ni de faire des bêtes de show, mais de sélectionner les futurs reproducteurs apte à perpétuer la race, telle que décrite. Le problème vient peut-être du fait que les juges qui doivent sélectionner un chien sont très souvent aussi ceux qui officient dans les expositions canines... cherchez l'erreur.

Je suis éleveur, on l'aura deviné. Je me bats d'un côté pour défendre ce pedigree, tout en devant me battre contre ceux, dans les clubs de race, qui n'ont comme seuls arguments pour vous pondre un règlement supplémentaire, accroissant encore plus la sélection dans la race, que "c'est pour le bien du chien". Je demande à voir.
15 réponses
Le 5 novembre 2009 à 22:17 Répondre
Il est clair que le reportage met la loupe sur un problème et l'exagère mais c'est le lot de la télévision et du monde moderne.
Il faut pouvoir choquer pour penser faire réfléchir un minimum le téléspectateur.

Rien de nouveau là-dedans...
Le 5 novembre 2009 à 22:22 Répondre
@Anonyme ("jackseg")
Il y a juste que Temps Présent ne m'avait pas habitué à ce manque de rigueur.
Le 5 novembre 2009 à 22:23 Répondre
Il y a du vrai dans ce que vous dites, mais il est plus urgent de dénoncer les abus que de "féliciter" les bons.
Cette émissions a été diffusée sur la BBC il y a quelques temps déjà et la TSR ne l'a malheureusement pas diffusée en entier.
Faire la situation en Suisse serait intéressant, mais le mieux serait de faire disparaître ces abus générateurs de maladies et de malformations.
Le 5 novembre 2009 à 22:25 Répondre
Ok, mais avouez que les faits présentés étaient scandaleux et que certaines personnes interviewées ont répondu avec une arrogance condamnable. J'ai vu en Suisse des bergers allemands à l'arrière-train ratatiné, les rottweillers aux queues et oreilles coupées, les vilains petits chiens n'arrivant pas à respirer, les chiens de traineau crevant de chaud en plein été.
Je suis persuadé qu'il a des éleveurs consciencieux... mais est-ce que les abrutis d'éleveurs anglais ne se considèrent-ils pas comme consciencieux?
Le 5 novembre 2009 à 22:29 Répondre
@Anonyme ("Fred")
1. Le travail ces éleveurs n'est plu le même qu'il y a 50, 100 ou 200 ans! Le St-Bernard a aussi beaucoup changé en 1 siècle! Ce qui fait sa force est qu'il reste en partie un chien de travail.

2. Je suis d'accord sur le principe. Mais la réalité et les résultats actuels sont là! Vu tous les problèmes/intérêts particulier, comment faire confiance au pedigré???

3.ENTIEREMENT D'ACCORD

4. Avant, le chien devait être "utile", maintenant il doit être "vendable". Cela change beaucoup sur l'évolution d'une race...

Le pédigrée???? Quels considérations sont prises pour "amélioré" une race? Merci de me donner une réponse qui ne soit pas pathétique... comme la majorité (heureusement pas tous) des éleveurs!

Merci pour la réponse ;-)
Le 5 novembre 2009 à 22:32 Répondre
Je pourrais répondre point par point, mais au final je pense que ça ne sert pas à rien. En effet le reportage est partisan, mais au final je pense qu'il relève quand même un problème de base de l'éleveur et surtout des standards de la race, qui poussent à l'excès, à savoir qu'un chien hors standard = chien à tuer...

Se dire qu'en Suisse le problème est différent est fallacieux, il est peut-être moindre mais il n'est pas inexistant, et c'est le propriétaire du chien au final (= un chien standard, pas de concours) qui paie in fine, et la facture n'est pas toujours financière. Je reprends mon exemple, j'ai eu 3 Golden Retrievers, dont 1 qui a été côté "très bien" au mondial de Berne il y a quelques années (je sais, c'est pas un excellent, mais bon je ne suis pas éleveuse), il est quand même mort d'un cancer à l'âge de 8 ans... dites moi que c'est normal (et c'était mon 2e Golden cancéreux... sur 3).

J'ai un CKC d'1 an 1/2 à l'heure actuelle, il va bien, super, pour combien de temps ? Oui oui éleveur Suisse et pédigrée avec....

Bref, dire qu'en Suisse le problème n'existe pas c'est se voiler la face, j'aime les chiens, j'en aurai probablement toujours, mais bon autant je respecte le travail des éleveurs, autant je ne soutiens pas l'hypocrisie ambiante "c'est le standard donc..."
Le 5 novembre 2009 à 22:54 Répondre
Je n'ai nulle part prétendu que le problème n'existait pas en Suisse. C'est le ton du reportage et ses généralisations qui m'ont fait réagir.

Davon: le pedigree n'a pas pour vocation d'améliorer la race. Son seul rôle est de pouvoir tracer un arbre généalogique (et donc d'avoir un suivi des lignées). Le pedigree ne certifie en rien que le chien sera parfait et vivra centenaire! Il indique juste que l'éleveur, outre les lois fédérales et cantonales, respecte en plus les règlements de la Société Cynologique et de son club de race. C'est grâce au pedigree que l'éleveur, s'il est consciencieux, peut éviter des taux de consanguinité que je trouve moi aussi inadmissible. Actuellement, en Suisse et pour ma race, le travail de sélection consiste surtout à éviter les maladies génétiques (dysplasie, rotule, décollement de la rétine,...), ce qui implique d'onéreux tests vétérinaires, et non pas à hyper-typer la race. En ce sens, le pedigree est un outil pour suivre les lignées exemptes de ces maladies génétiques.

Il faut néanmoins rester conscient que le chien est un animal vivant, pouvant développer des maladies, quelle que soit son origine et sa lignée. Sans compter les facteurs environnementaux.
Le 5 novembre 2009 à 22:57 Répondre
Merci pour ce message qui intervient contre ce reportage absolument pas OBJECTIF !
Même auprès d'éleveurs anglais, on trouve des personnes honnêtes avec la conscience et l'intention de produire un chien avant tout sain et pas seulement esthétique vis-à-vis d'un standard.
En 30 MINUTES D'EMISSION, ON "BOUSILLE" LE TRAVAIL DES ELEVEURS comme s'ils étaient eux-mêmes des monstres à vouloir produire des créatures monstrueuses.
Je suis très déçu par la rédaction de TEMPS PRESENT !
AUCUNE OBJECTIVITE ... du sensationnel, c'est tout ! j'espère qu'ils auront épaté la galerie. Les VICTIMES DE CE REPORTAGE SONT A NOUVEAU LES CHIENS, LES CHIENS DE RACE QUI SERONT VUS DESORMAIS AVEC DISCRIMINATION.
Le 5 novembre 2009 à 23:04 Répondre
@Anonyme ("Fred")
Merci pour la réponse!

Je suis entièrement d'accord, le vivant ne peut pas être garanti sans défauts et parfait!

Mais comment fait un éleveur pour "corriger" une race?

De mémoire, il y a plusieurs dizaines d'années, plusieurs races avaient de graves problèmes (berger allemand, doberman et autres) d'agressivité, de boites crânienne trop petite, etc...

Et 2e questions, beaucoup d'éleveurs et de club de race parlent d'améliorer leur race.... Amélioré en quoi???
Le 5 novembre 2009 à 23:13 Répondre
@Anonyme ("J")
Vous n'avez pas regardé ojectivement ce reportage!
Le reportage voulait juste dire... le "mieux" est l'ennemi du bien. Un joli berger allemand qui a le dos "plat" et des pattes arrières presque aussi hautes que les pattes avants: ok! Un berger allemand qui a l'anus qui touche le sol en marchant et qui semble danser une ridicule valse: pas ok!
Un cerveau trop grand pour sa boîte crânienne, c'est un résultat d'élevage lamentable! Ouvrez les yeux!
Le 6 novembre 2009 à 15:11 Répondre
@ anonyme
"un cerveau trop grand pour la boîte crânienne" est une ...ânerie qui se racontait il y a quelques années au sujet du doberman et qui le rendait agressif, car ça empirait, soi-disant, avec les années.
Il y a des gens chez qui le cerveau enfle démesurément, mais certainement pas chez les chiens!
Le 6 novembre 2009 à 17:14 Répondre
@Anonyme ("")
Non, désolé!
a force de vouloir rétrécir les races (des petits chiens), c'est ce qui arrive car il se trouve que les os rétrécissent plus vite que les organes. dans la cage thoracique, ça ne pose pas trop de problème, mais dans le cerveau si. Cela comprime les canaux et crée entre autre de l'hydrocéphalie. Et d'autres complications comme la syringomiélie dont je parle en connaissance de cause puisque mon Cavalier King Charles de 2 ans et demi en est atteint!
Le 10 novembre 2009 à 14:57 Répondre
Fred, vous parlez d'or et j'approuve votre ton mesuré, même sans être éleveuse moi-même! Je pense que le question du sur-typage dans une race est un problème grave, dans la mesure oû il compromet la santé du chien et son aptitude à remplir sa fonction première (travail de gardien, de berger, de chien de chasse, etc...). Le problème vient à mon avis en partie du fait que les fameux standards de race ne définissent pas précisément et de façon scientifique les caractèristiques d'une race donnée: en fait, ils laissent souvent beaucoup de place à l'interprétation, tant de la part des éleveurs que des juges de beauté. Ceci explique aussi qu'il puisse y avoir des avis très divergeants concernant la conformité au standard et la "beauté" d'un sujet donné en exposition. Actuellement, l'un des effets induits par le reportage de la BBC en Grande-Bretagne a été la modification par le Kennel Club (l'équivalent de la société cynologique suisse) de certains standards (dans la hâte et sans forcément consulter au préalable les clubs de race concernés...) dans le but de sensibiliser les juges et éleveurs sur les problèmes de santé de leur race et sur le fait qu'il ne fallait pas récompenser dans le ring des sujets inaptes à remplir leur fonction. C'est un 1er pas louable quant à ses intentions, mais criticable dans sa forme, certains changements ne permettant en rien d'avancer ces causes essentielles et introduisant à leur tour une certaine liberté d'appréciation... La solution reste à mon avis celle de mieux former les éleveurs et, surtout, les juges, qu'ils soient spécialistes ou généralistes. Je constate qu'en Suisse, la SCS et les clubs de race font peu de choses pour cette formation par rapport à ce qui se fait aus USA (et même en Angleterre...): il devrait y avoir une formation permanente pour chaque race reconnue par la FCI. Mais voilà, cela coûte cher et nos clubs ne disposent souvent pas des moyens ou des compétences nécessaires , car ils sont basés sur le volontariat et sont souvent gérés par des éleveurs qui ne sont pas nécessairement motivés pour se remettre en cause, et/ou par des personnes plus intéressées par les activités "sociales" du club que par le côté cynologique...
Le 10 novembre 2009 à 15:52 Répondre
@Anonyme ("Fred")

Le Baron Noir, je vous invite à vous renseigner sur la syringomyélie avant de nous débiter vos histoires fondées sur à peu près rien (tapez donc FCKC sur l'ami Google).

Fred, je reste éminemment dubitative sur le travail entrepris par l'humain pour la dite "amélioration" des races - on pourrait citer des dizaines d'exemple mais, de façon générale, je pense que l'animal a généralement peu à se réjouir quand l'humain entreprend de "s'occuper de lui" justement...

La dite "amélioration" de certaines petites races rustique s'est limitée à la sélection d'une débauche de poils que les juges jugent avec enthousiasme avant de se préoccuper de ce qu'on trouve en dessous de ces "fourrures" si "showy" n'est-ce-pas?

La TSR nous diffuse un petit bout d'un très long reportage de la BBC qui s'est donnée les moyens et le courage d'aller flanquer un grand coup de pied dans des vénérables institutions justement : je doute que la Suisse (ou la France d'ailleurs) soient prêtes à une telle transparence.

Ensuite, pour la "garantie" qu'offre le pedigree sur l'ascendance, on repassera : en effet, tant que les sujets reproducteurs ne seront pas identifiés par ADN, l'acheteur a une trace fondée sur la "bonne foi" de l'éleveur et RIEN D'AUTRE, que ce soit clair (et, pour certains, on n'en est pas à une entorse près souvent).

Là où je vous rejoins c'est que la réponse à la vaste arnaque que constitue souvent le chien "à pedigree" (pas toujours mais bien trop souvent) la réponse n'est pas chien produit n'importe comment et par n'importe quel marchand de chiens qui, de toute façon, va surproduire la dernière race à la mode.

Si la réponse n'est pas dans le pur et simple abandon du concept même de la race et du standard, elle ne peut être que dans une totale remise en question de l'exposition canine, du juge d'exposition canine, de notre relation à l'animal, du rôle des fameux "clubs" (qui ne servent à rien en général), de la SCS qui dort aussi sereinement que le Kennel Club (qu'on a un petit peur réveillé par contre, merci la BBC) et jusqu'à la FCI qui devrait s'intéresser un peu au "au chien" tout simplement.
Le 10 novembre 2009 à 15:56 Répondre
Le plus sûr moyen d'obtenir des résultats "garantis" en élevage? le in-breeding, à savoir une très forte consanguinité qui donnera des sujets très proches des reproducteurs - puisque l'éthique n'a jamais apporté la moindre gloire ou renommée - la plupart des éleveurs vous expliqueront doctement que la consanguinité n'apporte "aucun souci" - ce qui est profondément faux et malhonnête.
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