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Retour au forum Il était une fois des héros

Intervenir dans une agression

Le 25 février 2010 à 21:18 Répondre
La loi pose un sérieux problème en cas d'intervention contre une agression.

Techniquement la manière de loin la plus sûre d'intervenir est d'être immédiatement très violent envers l'agresseur, c'est à dire le frapper pour le neutraliser rapidement.
Tenter de s'interposer ou de maîtriser l'agresseur laisse l'occasion à ce dernier de se préparer, de sortir une arme, etc.
Dès que l'agresseur a un couteau dans la main, c'est foutu, même un spécialiste en close combat a peu de chance de s'en sortir indemne.

Bref en tapant immédiatement et par surprise dans des zones sensibles, il y a moyen de stopper l'agression, mais par contre l'agresseur pourra sans problème se retourner juridiquement contre le sauveteur ...

En bref, soit on augmente significativement le risque de se faire blesser en tentant de s'interposer "modérément", soit privilégie sa sécurité et celle de la victime, mais on risque des soucis avec la justice ...
3 réponses
Le 25 février 2010 à 21:39 Répondre
Il me semble que poser l'alternative soit se faire blesser pour sauver l'autre, soit blesser l'agresseur et risquer une plainte pour agression est la façon la plus efficace de se convaincre qu'il n'y a de toute façon rien à faire ! Sans doute y-t-il des risques : ça se calcule, ça s'évalue. Il me semble que vous avez une vision prédéterminée des intentions de l'agresseur (comment les connaissez-vous ?). Ce qui vous conduit à penser à des solutions "techniques". Tout ça me semble bien "rationnel" et donc assez peu réaliste. Dans ce genre de situation la rationalité joue assez peu de rôle, ce sont les émotions qui submergent l'agresseur. Et d'ailleurs comment savez-vous qui est l'agresseur ? La personne menacée est-elle sans aucune responsabilité ? Votre exemple et son issue est une caricature de ce qu'on appelle "le triangle dramatique" : un témoin agresse un agresseur pour défendre une victime, devient donc agresseur et fait de l'agresseur premier une victime etc. Les interventions les plus efficaces dans ce genre d'agressions sont celles qui refusent de prendre parti pour l'un-e contre l'autre : faire appel à la police, s'interposer sans agresser, parler à distance pour apaiser etc.
Le 25 février 2010 à 21:55 Répondre
@H.Ott
J'ai rencontré passablement de cas tels que vous les décrivez.
A l'exception de rares situations qui sont exactement comme vous les avez décrites, dans les très nombreux autres cas, les victimes qui ne sont pas réellement soutenues repartent avec un sentiment de vulnérabilité extrême ("n'importe qui peut m'agresser à n'importe quel moment, et l'agresseur s'en sort peinard") et les agresseurs s'en tirent avec le sentiment de super-puissance que vous essayez tant de combattre, plutôt que de le comprendre.

La sagesse a dicté un poême que je vous cède à toutes bonnes fins :
"La force sans justice devient de la tyrannie.
La justice sans force amène l'anarchie.
Mais lorsqu'il y a Justice et Force, alors la Paix s'instaure."
Le 25 février 2010 à 22:05 Répondre
Merci pour votre réponse détaillée. Il va de soi que ma remarque se situe dans un contexte relativement clair (je ne prétend pas qu'il s'agit de la majorité des cas).
Par contre si une femme par terre se fait rouer de coup, je me permettrais de supposer que l'agresseur est celui qui tape ...
Vous trouvez ma réflexion rationnelle donc peu réaliste dans le stress du moment, vous avez raison. C'est pourquoi certaines méthodes de self defense partant du constat que le rationnel ne s'impose pas d'office en situation de stress, forment à assimiler des réflexes pensés rationnellement. Les entraînements ne se limitent pas à des applications techniques, mais également à des mises en situation de stress.

Donc la problématique de l'aspect juridique soulevée initialement reste ouverte dans les cas précis ou l'agresseur peut être identifié.
Dans le reportage le cas de l'homme qui a placé une clef de bras au mari qui frappait sa femme est un bon exemple. Il a agit très courageusement, avec modération. Il eu de la chance que l'homme qui s'est subitement retourné pour le griffer ne lui ai pas planté un couteau à la place ...
En frappant directement l'agresseur pour le neutraliser définitivement il aurait pris beaucoup moins de risque, mais se serait certainement exposé à des poursuites juridiques.

Je concède par contre que d'agir modérément est plus courageux car plus risqué (personnellement je pencherais plutôt pour un peu moins de courage et un peu moins de risque ...)
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