Bonjour à toutes et à tous !
Je me réfère aux écrits rédigés par Balade :
@BaladeL'homosexualité n'est jamais innée, mais vient du milieu familial qui a faussé l'identité : J'ai lu un livre récent sur le sujet. Aujourd'hui on sait que ce n'est pas génétique. Cela est dû au milieu familial. Dans beaucoup de cas, le père n'est pas là, ou alors froid et distant, ou alors sous la coupe de sa femme autoritaire. Bref, l'enfant n'arrive pas à s'identifier à son rôle, car le masculin et le féminin n'existent pas à la maison avec leur image respective. Le complexe d'oedipe est alors faussé, lorsque l'enfant est encore tout petit, mais à nouveau, au moment de l'adolescence, où il ne peut s'identifier au parent du même sexe, soit parce qu'il est non existant ou qu'il a lui-même des problèmes d'identité. Un père ou une mère froide et narcissique, ne donnant aucune affection à son enfant, aura, dans la plupart des cas, des enfants sujets à de graves problèmes d'identité. Il faut savoir une fois pour toutes que l'homosexualité n'est pas une perversion, mais qu'elle est due au milieu dans lequel l'enfant a été éduqué. [...] Quant à procréer, il ne faut même pas y penser : il faut à l'enfant une vraie mère, un vrai père et, en aucun cas, des "parents" eux-mêmes confrontés à de graves problèmes d'identité.
Je présume que Balade fait référence à certains postulats édictés par nombres de courants évangéliques qui affirment solennellement que ce qu'ils appellent
SSA "Same Sex Attraction" (attraction envers le même sexe) pourrait être ramenée à une orientation plus... "traditionaliste", par le biais de la... "Grâce" octroyée par le... "Saint-Esprit".
Cette approche qui se voudrait "curative" est l'apanage (essentiellement, mais pas exclusivement) de certains courants religieux, alternatifs (
NARTH,
Exodus international,
PFOX,
Desert Stream Ministries,
Homosexuals Anonymous, etc.), lesquels courants tendraient à arguer du fait que l'homosexualité ne relèverait pas de l'atavisme, ni de l'innéité, mais qu'elle serait plutôt la conséquence, acquise (directement ou indirectement), de brisures intérieures, de séquelles traumatiques, de carences affectives et/ou autres épisodes douloureux. Ce conglomérat, parcellaire ou associé à une sensibilité émotionnelle particulièrement développée, aurait tendance à retentir sur la capacité plénière inhérente à la sphère amoureuse, restreignant ainsi le spectre des attraits érotiques (qui lui seraient implicitement liés) à une dimension restrictive dite "de refuge", à savoir : dont l'éclosion ne serait pas aussi panoramique que celle que l'on pourrait originellement escompter.
D'où, d'après ledit courant, de nombreuses formes d'incomplétudes, dont (parmi maintes autres déclinaisons), ledit
SSA ou
Same Sex Attraction (attraction sexuelle envers le même sexe), histoire de ne pas se confronter à l'autre "opposé", évitant, ce faisant, le réveil de cassures passées, manques prolongés et défaillances inductrices, que la pratique homosexuelle permettrait ainsi de confiner à une sorte de déni "absolutif" (conscient ou non), via une forme d'érotisme romantico-amoureux (voire, uniquement sexuel) parcellaire, compensateur et/ou substitutif.
Outre quelques scandales notables qui ont quelque peu ébréché sa notion de respectabilité, il appert également que ledit courant religieux s'avère controversé... sans compter des résultats "thérapeutiques" aléatoires, souvent illusoires, parfois discutables, quoique, parfois, aussi, relativement tangibles et troublants.
Nonobstant l'ensemble de ce qui précède, les arguments présentés par cette option "hétérosexualisante" ont le mérite de soulever le débat :
Article sommaire, en français
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ex-homosexuel
Article nettement plus complet, mais en anglais :
http://en.wikipedia.org/wiki/Ex-gay
A lire, également, cet article (en anglais) concernant les "Ex-ex gay", à savoir : ceux qui abdiqué l'approche évangélique "rédemptrice" suscitée et en sont revenus à leur bonnes vieilles habitudes, tout comme on laisserait tomber un régime ascétique trop restrictif pour ne plus désespérément se retenir de remanger une bonne vieille fondue ou un bon papet vaudois, bien gras et bien de chez nous :-) lol
http://en.wikipedia.org/wiki/Ex-ex-gay
(en anglais)
Yvonne demande à Balade (je cite) :
@Anonyme ("Yvonne")Merci de mentionner les sources de votre "livre sur le sujet" !
Je présume que Ballade fait référence à des ouvrages spécifiques, tels que ceux rédigés, entre autres exemples, par :
Andrew Comiskey : Vers une sexualité réconciliée
Andrew Comiskey : Forts dans la faiblesse
Il existe également pléthore d'autres lectures, de même inspiration, rédigées par d'autres auteurs, mais dont les titres m'ont échappé. Il faudrait que je fouille dans mes archives et procède à quelques recherches complémentaires.
A noter également un autre ouvrage, dont on ne peut pas qualifier l'auteur de "bondieuseries", puisqu'il s'agit en l'occurrence du psychologue bien connu : Guy Corneau. Dans l'un de ses premiers ouvrages, il mentionne allusivement le fait qu'un père absent (ou au rôle subjectivement vécu comme étant insuffisamment défini) pourrait potentiellement contribuer, dans certains cas, à l'éclosion de problèmes identitaires (problèmes identitaires qui, en l'occurrence, ne relèveraient pas forcément de l'homosexualité à proprement parler, mais de maintes autres difficultés existentielles ou carences affectives qui chercheraient désespérément réparations par le biais d'approches "ludiques" non conventionnelles ou dépendances diverses, affectives ou sensorielles, essentiellement (mais pas uniquement) :
Guy Corneau : Père manquant, fils manqué !
Dans la même lignée, on pourra également consulter un autre ouvrage, du même auteur :
• Guy Corneau : N'y a-t-il pas d'amour heureux ?
(Comment les liens père-fille et mère-fils conditionnent nos amours)
Les célèbres chansons
Ne me quitte pas de Jacques Brel (
laisse-moi devenir l'ombre de ta main, l'ombre de ton chien, mais ne me quitte pas) et
Je suis malade (rendue célèbre par Serge Lama), parmi d'autres titres révélateurs, pourraient en constituer un exemple illustratif :
Je ne rêve plus je ne fume plus
Je n'ai même plus d'histoire
Je suis sale sans toi je suis laid sans toi
Je suis comme un orphelin dans un dortoir
Je suis malade complètement malade
Comme quand ma mère sortait le soir
Et qu'elle me laissait seul avec mon désespoir
Maintenant, pour celles et ceux qui tiennent absolument à stigmatiser l'homosexualité par le biais des évangiles, ils n'auront désormais plus qu'à bien se tenir, en lisant (ou "relisant") soigneusement ces passages, issus de Matthieu 5 :
Matthieu 5: 28
Mais moi, je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur.
Matthieu 5: 29
Si ton oeil droit est pour toi une occasion de chute, arrache-le et jette-le loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier ne soit pas jeté dans la géhenne.
Matthieu 5: 30
Et si ta main droite est pour toi une occasion de chute, coupe-la et jette-la loin de toi; car il est avantageux pour toi qu'un seul de tes membres périsse, et que ton corps entier n'aille pas dans la géhenne.
Bref, soyons sérieux ! Qui, de nos jours, songerait à appliquer de telles injonctions à la lettre ?
Même les tenanciers de la tristement connue
Westboro Church (alias
godhatesfags.com) gagneraient à méditer sur ce qui précède, ce qui les ramènerait, "peut-être" (on peut rêver) à davantage d'aménité, au lieu de se vautrer, sans vergogne, dans une forme d'anathématisme sclérosé.
A noter que, sauf erreur ou omission de ma part, aucun des deux acteurs principaux du film
Brokeback Mountain n'est homosexuel dans la vie "réelle" (i.e. la vie "hors écran"). Il n'empêche que leurs prestations ô combien convaincante et magistrales dans le film, pourrait allégrement faire croire le contraire.
Ce qui pourrait laisser sous-entendre que toute personne, dotée d'une volonté exceptionnelle (et d'un jeu de scène hors pair) pourrait possiblement inhiber ses propensions homosexuelles majuscules, tout en s'efforçant d'exhaler, à la force du poignet (sans jeu de mot :-) lol) ses quelques velléités hétérosexuelles minuscules (sans jeu de mots, non plus), quitte à se faire croire - à elle-même et... aux autres - qu'elle ne serait donc pas l'objet d'une quelconque différence prioritaire, face à la majorité hétérosexuelle.
Certes !
Mais cette comédie, aussi brillamment interprétée fût-elle, n'empêchera pas son acteur/trice d'en rester foncièrement et fondamentalement homosexuel/le, dans son for intérieur, dans son identité foncière secrètement occultée.
La vie était comme une pièce de théâtre... et je portais une sorte de masque. [Arletty]
Cela étant, dans le souci d'être aussi honnête, complet et objectif que possible, je me dois d'admettre connaître une personne de mon entourage qui, apparemment, aurait passé, avec succès, le cap originel d'une homosexualité, jadis avérée et exclusive, à une hétérosexualité désormais sincère, totale, heureuse et épanouie, et ce, sans avoir apparemment à subir les tracas et tourments résultant de ses anciennes pulsions érotiques. Ce revirement, inattendu, serait maintenu - valide et inchangé - depuis une bonne quinzaine d'années, à savoir : sans "rechute" notable, notoire ou identifiée, ni même ponctuée d'"envies". Cette "conversion" semble donc relativement convaincante. Toutefois, je ne suis pas dans le secret des dieux, ni une mouche espionne. Je ne puis donc faire part de cette exception que sous toute réserve, quand bien même cette personne m'a l'air effectivement sereine et peu encline à mentir sur un sujet aussi fondamental de sa vie.
Peut-être s'est-il aussi agi de la découverte, à la faveur d'une première expérience avec le sexe opposé que, finalement, là était sa véritable nature. Il n'y aurait alors rien d'exceptionnel - et encore moins, de "miraculeux" - derrière tout cette incongruité apparente.
Cet épisode me fait penser, avec tendresse, à une autre connaissance, végétarienne de naissance... qui l'est restée, mordicus, jusqu'à l'âge de 35 ans. Du moins, jusqu'au jour où, je l'ai invitée, avec quelques unes des ses amis/es et collègues de travail, à un repas affectueusement cuisiné par mes soins. Au menu : - Basconnaise, riz parfumé aux légumes, gratin de scorsonères et... boeuf bourguignon. Bien entendu, son assiette, exclusivement végétarienne, soigneusement préparée et cuisinée à part, ne contenait pas le troisième apprêt "répulsif et frappé d'anathème" (selon elle). Toutefois, ce jour-ci, ledit boeuf bourguignon fit vraiment un tabac, tellement il était exceptionnellement savoureux et réussi. Confrontée au remarques et gloussements extatiques de l'assemblée, qui se régalait à foison de ce met succulent, elle demanda, à titre de défi, à en goûter un minuscule morceau, à condition qu'on lui permette, sans que nous fussions offusqués, de le recracher aussitôt après-coup, histoire de nous convaincre que la viande la rebutait et n'était rien pour elle. Vous devinez la suite... elle ne l'a PAS recraché... bien au contraire : son visage s'est "illuminé". Elle en a même... "redemandé". Ce qui lui a fait m'écrire quelques mois plus tard cette remarque plutôt "cocasse" :
Le jour où j'ai goûté ton boeuf bourguignon, j'ai cessé d'être végétarienne, car je me suis rendue compte que la viande était le meilleur des... légumes. :-) lol
Vous me rétorquerez que j'ai peut-être commis un crime de lèse-majesté, par incitation au "délit carné" interposée.
A vrai dire, je ne me suis pas trop culpabilisé, voyant à quel point cette première exception (suivie des autres) lui avait bien réussi. D'un physique jadis osseux et émacié, elle est devenue onctueuse, ravissante et séduisante à souhait. De plus, nombres de problèmes de santé (vraisemblablement imputables à quelques carences dues à son régime trop restrictif qu'elle n'avait apparemment pas su équilibrer correctement) ont fondu comme neige au soleil... de même que son addiction au sucre et aux sucreries (qu'elle dévorait avec mauvaise conscience, s'efforçant de tout vomir après-coup) disparut du jour au lendemain, comme par enchantement.
Attention ! Je ne stigmatise PAS le végétarisme... loin de là. Celles et ceux qui optent pour ce mode de vie, pour des raisons éthiques, religieuses ou autres, méritent tout le respect. Il convient juste, le cas échéant, de procéder à quelques ajustements supplétifs concrets bien précis, afin d'éviter l'apparition de possibles carences alimentaires susceptibles de générer, à long terme, si l'on n'y prend par garde, un certain nombre de troubles facilement évitables par le biais d'apports complémentaires.
Les exemples susmentionnés sont valables dans les deux sens.
Un/e hétéro apparemment bien ancré/e dans sa pratique "traditionnelle", pourrait aussi, un jour, à la faveur de circonstances particulières exceptionnelles, découvrir une facette jusqu'ici inconnue de ses "talents cachés", source de plaisirs dont il/elle n'aurait même jamais soupçonné la potentialité, quitte à s'en délecter... ou y être finalement réfractaire.
Idem pour un/e "gay" qui n'aurait jamais eu l'occasion de se retrouver confronté aux attraits envoûtants du sexe opposé, dans des circonstances suffisamment émulatives. Soit l'expérience, même menée dans des conditions favorables, le/la confirmera dans ses électivités d'origine, soit il/elle se dira peut-être :
mais pourquoi m'en suis-je privé/e si longtemps ?
Comme quoi : toutes les variantes sont possibles !
Une femme pardonne tout... excepté qu'on ne veuille pas d'elle.
Alfred de Musset