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Retour au forum J'ai décidé d’avorter

les médecins du CHUV n'ont-ils pas le droit de refuser d'avorter ?

Le 26 janvier 2012 à 21:47 Répondre
Si c'est contre leur éthique que d'enlever une vie ils doivent avoir le droit de refuser de pratiquer de telles interventions non ? Pourrait-on me donner une réponse là-dessus svp car j'imagine à quel point cela doit être traumatisant de voir ce petit être tout formé, la tête, les membres, comme l'a dit la doctoresse dans le reportage.
9 réponses
Le 26 janvier 2012 à 21:51 Répondre
@Anonyme ("Katia")
Oui, au CHUV les soignants qui reçoivent les femmes en consultation en vue d'une IVG sont volontaires.
Le 27 janvier 2012 à 10:35 Répondre
Cet aspect important est discuté avant l'engagement. Il peut aussi évoluer pendant la période d'activité. Par ex. lorsque une femme médecin est elle-même enceinte ou l'épouse d'un médecin ou lorsque le médecin est lui-même confronté à une infertilité ou une fausse couche. Chacun peut être confronté à des moments de sa vie personnelle où faire une interruption de grossesse peut être trop difficile à assumer et cela même si le médecin n'est pas de principe opposé à l'interruption de grossesse. Toutefois cette approche fait partie des différentes formes d'aide et de soins qui font partie de la responsabilité du gynécologue-obstétricien. En s'engageant dans cette profession nous sommes confrontées à des questions éthiques diverses, très différentes les unes et les autres et tout aussi difficiles. Nous nous sommes engagés à aider et soigner les femmes à travers toutes les périodes de leur vie, sans leur imposer notre jugement de valeur (ni dans un sens ni dans un autres).
Le 27 janvier 2012 à 10:48 Répondre
@scr médecin
et le serment d'hypocrate alors ? de protéger toute vie ?
Le 27 janvier 2012 à 11:18 Répondre
@Anonyme ("C. W.")
NO COMMENT !!!!!
Le 27 janvier 2012 à 11:47 Répondre
@Anonyme ("Music")
mais c'est du harcèlement ce que vous faites dites-moi ? pour écrire "no comment" vous en faites un quand même !
Le 27 janvier 2012 à 11:54 Répondre
@Anonyme ("C. W.")
Je pourrais penser la même de vous...Mais bon, je vois bien qu'il y a des gens pour qui "Internet" est un défouloir.
Le 31 janvier 2012 à 11:04 Répondre
http://fr.wikipedia.org/wiki/Serment_d%27Hippocrate Le serment d'Hippocrate remonte env. au IVe siècle av. J.?C.. Beaucoup de choses ont évolué depuis et cela particulièrement pour les femmes. Ainsi Hippocrate réservait la transmission des connaissances dans la lignée masculine en disant "Je ferai part de mes préceptes, des leçons orales et du reste de l'enseignement à mes fils, à ceux de mon maître et aux disciples liés par engagement et un serment suivant la loi médicale, mais à nul autre." Ainsi il ne prévoyait certainement pas qu'un médecin femme s'exprime un jour sur le sujet.
Dans les pays où les médecins s'engagent formellement par un serment, celui-ci a été adapté à une vision plus contemporaine de l'éthique (et de la femme et du couple).
En France par ex. le sermet retient ceci « Au moment d'être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité.
Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux.
Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions.
Dans un sens plus cartésien le médecin est soumis aux lois en vigueur. En Suisse la loi exige que l'accès à l'IG dans le contexte clairement défini par le code pénal soit garanti par les hôpitaux publiques.
Le 31 janvier 2012 à 19:10 Répondre
@scr médecin
merci de votre réponse. Mais le texte que vous citez dit bien "je respecterai toutes les personnes" OR le bébé n'est nullement respecté ?
Quel est votre point de vue sur cette question ?
Le 1 février 2012 à 1:11 Répondre
Votre question était inévitable et venant d'une gynécologue-obstétricienne, la réponse l'est tout autant. Oui, nous respectons les bébé au plus haut point. Pour l'illustrer je vous répondrai ainsi: En tant que médecin, la santé des personnes nous tient à coeur. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) donne la définition suivante de la santé: « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité » et un bébé qui vient à naitre à le droit d'aspirer à cette santé. Pour un être qui pendant les premières années dépend entièrement de son entourage pour son développement, cela implique un cadre favorable à ce développement. Garantir ce cadre, implique d'être disposé et capable de satisfaire ses besoin élémentaires mais aussi affectifs, intellectuels et sociaux. Quand une femme et un homme ressentent (certains en ont même déjà fait l'expérience) qu'ils n'en seront pas capable (les raisons divergent largement et peuvent parfois être totalement indépendantes de la volonté) c'est indéniablement un mauvais départ pour un enfant. Vous vous rappelez? Votre question était, le bébé, n'est il nullement respecté? Oui, il l'est dès lors qu'il est né et même avant sa naissance. Dans certaines situations à risque qui mettent en danger le développement de l'enfant, nous sommes malheureusement amenées à devoir prendre des mesures de protection sur l'enfant à naitre, parce que les parents ne sont pas à même de garantir ce respect du bébé dont vous parlez ni sa sécurité. Les difficultés à l'origine de cette mise en danger se trouvent parfois être les mêmes que celles qui amènent d'autres femmes ou couples à opter pour une interruption de grossesse (sur l'embryon ou le foetus). Selon mon point de vue nous sommes bien dans une relation de soin et d'aide dans le respect des personnes mais qui exigent notre engagement à des temps différents.


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