Cet aspect important est discuté avant l'engagement. Il peut aussi évoluer pendant la période d'activité. Par ex. lorsque une femme médecin est elle-même enceinte ou l'épouse d'un médecin ou lorsque le médecin est lui-même confronté à une infertilité ou une fausse couche. Chacun peut être confronté à des moments de sa vie personnelle où faire une interruption de grossesse peut être trop difficile à assumer et cela même si le médecin n'est pas de principe opposé à l'interruption de grossesse. Toutefois cette approche fait partie des différentes formes d'aide et de soins qui font partie de la responsabilité du gynécologue-obstétricien. En s'engageant dans cette profession nous sommes confrontées à des questions éthiques diverses, très différentes les unes et les autres et tout aussi difficiles. Nous nous sommes engagés à aider et soigner les femmes à travers toutes les périodes de leur vie, sans leur imposer notre jugement de valeur (ni dans un sens ni dans un autres).
Votre question était inévitable et venant d'une gynécologue-obstétricienne, la réponse l'est tout autant. Oui, nous respectons les bébé au plus haut point. Pour l'illustrer je vous répondrai ainsi: En tant que médecin, la santé des personnes nous tient à coeur. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) donne la définition suivante de la santé: « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité » et un bébé qui vient à naitre à le droit d'aspirer à cette santé. Pour un être qui pendant les premières années dépend entièrement de son entourage pour son développement, cela implique un cadre favorable à ce développement. Garantir ce cadre, implique d'être disposé et capable de satisfaire ses besoin élémentaires mais aussi affectifs, intellectuels et sociaux. Quand une femme et un homme ressentent (certains en ont même déjà fait l'expérience) qu'ils n'en seront pas capable (les raisons divergent largement et peuvent parfois être totalement indépendantes de la volonté) c'est indéniablement un mauvais départ pour un enfant. Vous vous rappelez? Votre question était, le bébé, n'est il nullement respecté? Oui, il l'est dès lors qu'il est né et même avant sa naissance. Dans certaines situations à risque qui mettent en danger le développement de l'enfant, nous sommes malheureusement amenées à devoir prendre des mesures de protection sur l'enfant à naitre, parce que les parents ne sont pas à même de garantir ce respect du bébé dont vous parlez ni sa sécurité. Les difficultés à l'origine de cette mise en danger se trouvent parfois être les mêmes que celles qui amènent d'autres femmes ou couples à opter pour une interruption de grossesse (sur l'embryon ou le foetus). Selon mon point de vue nous sommes bien dans une relation de soin et d'aide dans le respect des personnes mais qui exigent notre engagement à des temps différents.